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Qoeur (Dossier de presse).
Qoeur.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Raffaella GIORDANO chorégraphe-interprète
Texte : Qoeur : Pour un travail en devenir. Chorégraphie de Raffaella Giordano.
Danseurs : Raffaella Giordano, Aldo Rendina, Doriana Crema, Piera Principe.
Musique : Alex Britti, Madona, P. J. Harvey, Manu Tchao, Richard Wagner, L. Dalla, Laurie Anderson
Production Association Sosta Palmizi, en collaboration avec le CNDC d'Angers/l'Esquisse et avec le projet régional Toscanadanza. Réalisation Théâtre de la Bastille.
Cofondatrice avec Giorgio Rossi de la Compagnie Sosta Palmizi qu'elle rencontre lors de son passage au Fenice Teatro di Venizia sous la direction de Carolyn Carlson, Raffaella Giordano, radicale dans sa danse et ses créations, joue un rôle prépondérant dans la danse contemporaine italienne.
“Le désir de mettre au point des détails sans nous mesurer avec l'œuvre dans sa totalité nous pousse à exposer le processus dans son “manque de fini” et, chaque fois, à représenter le travail en forme ouverte pour affronter son “déplacement” en devenir. C'est vouloir laisser ce “déplacement” en devenir accueillir une réflexion, même à travers le regard du spectateur ; un temps et un lieu où se poser et écouter.
Exposés, comme des cobayes, nous nous laisserons regarder, objets à la merci de la pensée et du sentir d'autrui, comme dans la vie, dans un conflit tenace entre le devoir et le désir.
Micropartitions faites d'actions simples du quotidien ; détails, obsessions...”
Raffaella Giordano
Raffaella Giordano
Raffaella Giordano, 40 ans, commence ses études de danse en 1978 avec C. Perotti et A. Sagna à l'école Bella Hutter de Turin. En 1980, elle entre dans la Compagnie Teatro e Danza La Fenice de Venise dirigée par Carolyn Carlson, participant aux spectacles
Undici onde, Underwood et Chalkwork. En 1981, elle participe avec le Wuppertal Tanztheater dirigé par Pina Bausch aux spectacles
Kontakhof, Blaubart et Le
Sacre du printemps. En 1984, elle entre dans la Compagnie l'Esquisse (Joëlle Bouvier, Régis Obadia) participant à la création de
Vertée pour le Festival de Carpentras. Toujours en 1984, elle participe à la fondation de la Compagnie Sosta Palmizi avec laquelle, comme danseuse et chorégraphe, elle crée les spectacles
II cortile (1985),
Tufo (1986) et
Perduti una notte (1989).
En 1987, elle réalise sa première chorégraphie
Ssst... coproduction avec Bois de la Bâtie de Genève. En 1989, elle commence sa collaboration comme chorégraphe pour le Folkwang Tanzstudio - Essen (Direction artistique Pina Bausch) où elle crée le spectacle
Inuit et où, en 1995, elle crée toujours pour la Compagnie II volto di Aria. En 1990, elle prend part comme danseuse au spectacle
II muro, régie
Pippo del Bono. En 1990, la Compagnie Sosta Palmizi se dissout et Raffaella Giordano avec Giorgio Rossi fonde l'Association Culturelle Sosta Palmizi. Elle reçoit le Prix de la critique Danza & Danza 1990 en qualité de meilleure interprète de la nouvelle danse italienne. En 1991, elle présente dans le cadre du Festival Teatro 2 de Parme l'étude
Vedere voci de et avec Antonio Carallo, Tobia Ercolino, Bruno de' Franceschi. En 1992, première à Reggio Emilia de la chorégraphie
I forestieri. Elle réalise la chorégraphie et interprète le solo
L'azzuro necessario qui débute au Festival de Polverigi en 1992. En 1993, elle est invitée par le Centre national de danse contemporaine d'Angers/l'Esquisse pour réaliser la chorégraphie Du doute et de la certitude, avec les élèves de deuxième année de perfectionnement.
En 1994, première à Torino Danza du spectacle
Danze rosa blu, chorégraphie de Giorgio Rossi et Raffaella Giordano. En 1995, elle participe avec Giorgio Rossi - en tant qu'Association Culturelle Sosta Palmizi - au Marathon International de Danse, l'une des manifestations du XXXVIIIe Festival des Deux Mondes de Spoleto, avec des fragments de
II cortile. En 1995, elle participe aux reprises de quelques scènes du film de Bernardo Bertolucci
Stealing Beauty, utilisant le matériel tiré de
II cortile. En 1995, elle crée et interprète le solo
Fiordalisi dans le cadre du Festival Segni Barocchi de Foligno. En 1996, elle est invitée à résider au CNDC/L'Esquisse d'Angers pour créer la pièce ...
et anima mea ... En 1997, elle crée un bref solo intitulé
Maze, hommage à Isadora Duncan, dans le cadre des journées de rencontre sur “L'Hérédité vivante d'Isadora Duncan” organisées par l'Université de Bologne. Entre 1997 et 1999, elle collabore avec plusieurs musiciens de musique contemporaine et jazz comme L. Brusci, L. Mingiardi et R. Bonati. En 1998, elle débute au Théâtre Kismet Opéra de Bari (en collaboration avec ce dernier) par une nouvelle production sur la musique d'Arnold Schönberg : un quartet
La Nuit Transfigurée et le solo
Le Chant de la colombe. En 1999, elle crée le spectacle pour quatre interprètes
Qœur. Pour un travail en devenir< /i> dans le cadre du Festival Sipario Ducale - Cagli soutenu par le CNDC/L'Esquisse d'Angers. En juin 1999, pour la deuxième fois, elle reçoit le Prix de la critique Danza & Danza 1998-1999 en qualité de meilleure chorégraphe/interprète de la nouvelle danse italienne avec le spectacle La Nuit Transfigurée/Le Chant de la colombe sur une musique d'Arnold Schönberg. Et aussi en juillet 1999, le Prix Gardadanza 1998-1999 pour le spectacle La Nuit Transfigurée/Le Chant de la colombe.
En novembre 2000, elle reçoit le Prix Spécial Ubu pour avoir jeté avec Qœur. Pour un travail en devenir un regard critique sur la réalité, et plus généralement pour le courage et l'intensité de ses choix chorégraphiques dans son théâtre-danse, au-délà de la danse.
Depuis plusieurs années, elle enseigne en Italie et à l'étranger, approfondissant une recherche individuelle.
Qœur,
on pense à la palpitation rythmique, aveugle et mystérieuse de la vie, enrichie d'une balafre irrévérencieuse “ce faux q”, cette lettre qui rend tout encore plus humain, plus vrai. Qœur est un travail impitoyable et poignant ; il montre ce que nous n'attendons pas, ce qu'on connaît tous, mais que nous ne sommes pas sûrs de vouloir voir : le détraquement de la vie, son mouvement chaotique, le vide désespéré de certains gestes, certaines solitudes, certaines gaucheries, faiblesses, intimités, petites laideurs. C'est un travail déstabilisant, qui ne nous laisse pas de certitudes, qui casse les codes, qui ne donne pas de solutions. Et pourtant, il nous laisse soulagés, pleins d'un sens libérateur : le quatuor danseurs/acteurs toujours en scène, sous le flux constant d'un éclairage fixe, enlaidi par de bizarres perruques, surpris dans une petite quotidienneté négligée, fait et représente ce que personne n'a le courage d'admettre : être vraiment comme ça, c'est-à-dire la vie.
Il y a un chaos joyeux et un ensemble mélancolique dans ce travail (performance, chorégraphie, pièce théâtrale) : bagatelles et détails ridicules qui étonnent par la lucide et déchirante observation du monde faite avec crudité et aussi avec une innocence absolument désarmante. On retrouve corps et visages pasoliniens, chair marquée par la vie, candide et corrompue à la fois et en même temps, comme l'autre face d'une médaille, une sensualité rude et triste.
On avance dans ce Qœur par accumulations de fragments, par éclats d'image, dans une architecture gauche et cassée qui ne correspond à aucune harmonie esthétique et laisse place pourtant à une sublime délicatesse.
Elettra Aldani (traduction)
Source Externe : Théâtre de la Bastille.
Inséré le : 17/10/2002 00:00