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Vania contre vania


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Genre : théâtre (Mots-clés : )

Rubrique : 2008-2009

Les Possédés Metteur en scène
Anton TCHEKHOV auteur

Texte : Par un hasard de calendrier, « Oncle Vania », petit bijou tchekhovien sur les errements amoureux et la faillite des idéaux, est simultanément à l’affiche de deux théâtres parisiens. Version people aux Bouffes du Nord, et version jeune compagnie émergente à la Bastille. Résultat : la renommée n'est pas forcément gage de talent.

Jeune compagnie où les acteurs se chargent eux mêmes de la mise en scène (ici Rodolphe Dana et Katja Hunsinger), Ie collectif Les Possédés joue à fond la carte du contemporain, quitte a rajeunir quelque peu les cadres. La troupe établit des correspondances inattendues entre les frustrations de l'intelligentsia russe a l'orée du xxe siècle, et les malheurs des jeunes chiens fous d'aujourd'hui, barrés par la génération du papyboom.
Un théâtre à nu, cinématographique, qui rappelle les films les plus inspirés de Chéreau ou Desplechin.
Au centre de l'espace, une table. Autour de la table, les comédiens. Et autour des comédiens, trois tribunes. Les comédiens tournent autour de la table, et du public. Les frontières fictionréalité se confondent C'est simple et terriblement efficace.
Que dire, sinon que David Clavel rayonne. La barbe blonde du trentenaire rappelle celle du Vania soviétique de Konchalovsky. L'oeil est brûlant. Le
rire jaune alterne avec la colère noire. A ses côtes, Rodolphe Dana en Astrov apparaît plus en retrait. Tandis que Simon Bakhouche interprète un Professeur particulièrement vert. Sorte d'universitaire soixante-huitard rattrapé par la limite d'âge, mais toujours phraseur et amateur de jeune chair. Mention spéciale enfin à Nadir Legrand (La Gaufre), splendide en bouffon lunaire.
Avec sa grande carcasse blonde et son léger accent germanique, Katja Hunsmger incarne une Elena désarçonnante Elle creuse l'ambiguïté de son personnage : à la fois sensuelle et cérébrale, doctorante corrompue par son maître de thèse Le contraste avec Marie-Hélène Roig fonctionne d'autant mieux Petite, brune, explosive, elle incarne une Sonia libérée. Noyant ses complexes physiques dans une débauche d'énergie

Source Externe : Le nouvel observateur 12 mars 2009
Date de publication : 13/03/2009


Période traitée : 2009-03-12
Inséré le : 13/03/2009 15:45