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West Side-Bosnie.

L'inattendu et le diable en partage.


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Emmanuel DEMARCY-MOTA Metteur en scène
Fabrice MELQUIOT auteur

Texte : Théâtre. A Bastille, une pièce illustrative et superficielle sur la guerre.

Fabrice Melquiot a 30 ans. Lorsqu'il a découvert la Bosnie, la guerre était finie depuis cinq ans. A la fin de l'an 2000, il a vu les enfants, là-bas, faire de la luge entre les tombes récentes. Il a entendu geindre les chiens «sur les collines de plomb». Il a ressenti ce qu'on ne peut qu'éprouver à Sarajevo, où il y a les cafés croates, les cafés serbes, les cafés musulmans et les soldats des Nations unies.
Amour impossible. En auteur-visiteur, il a rencontré deux amants dont l'amour, rescapé du siège de la ville, n'allait pas survivre, pour cause de religion différente. Lui, serbe, elle, musulmane, se sont mués en Lorko et Elma, héros façon West Side Story d'une pièce à six personnages, avec un gardien de prison, deux automobilistes, une femme au mouchoir, une mère qui tricote, un père qui critique et des anges en plastique. Plus le diable, qu'on ne voit pas, mais qui est là, puisque le texte s'intitule le Diable en partage.
On voit même une Vespa pour de vrai, conduite par un gondolier dans Venise. En treizième protagoniste, dans ce spectacle illustratif, pesant, voire un brin douteux, il pourrait y avoir «un piano quelque part». Il a été omis.
Tout est mis en scène par Emmanuel Demarcy-Mota, dont le goût pour un naturalisme martelé relève d'une esthétique aussi bavarde que redondante. En prolégomènes, l'excellent Philippe Demarle lance, à l'adresse de ses geôliers, de longue tirades, pendu par les pieds, le visage congestionné. Cela fait inutilement mal pour lui.
Soliloque. A tout choisir... entre les deux propositions du prolixe Fabrice Melquiot, on préférera, une heure plus tôt, l'Inattendu, le soliloque d'une femme qui pleure son amant mort, et qui était noir, et qui était beau. Liane, jouée avec grande intensité par Marie-Armelle Deguy en veuve qui ne se résigne pas. Elle songe à l'amour comme à un revenant, dans un univers inquiétant et peuplé, de façon surréaliste, de mystérieux flacons de parfum.
Par Mathilde LA BARDONNIE


Source Externe : Libération jeudi 10 octobre 2002


Inséré le : 10/10/2002 00:00