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Présentation de l'Ombre des anges par Daniel Schmid.

Les ordures, la ville et la mort.


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Rainer Werner FASSBINDER auteur
Pierre Maillet Metteur en scène

Texte : (...) L'histoire de la prostituée trop belle pour attirer les clients et du juif enrichi dans la spéculation immobilière m'a semblé d'abord un document mystérieux sur une irritation grandiose. Je ne me suis pas arrêté aux problèmes d'urbanisme ni à ceux du fascisme underground qui sont évoqués. Je me suis trouvé devant une comédie folle, un conte de fées triste; un mélodrame magique
(...)En entrant dans la pièce, je voyais de plus en plus clairement que les rôles sont écrits au-delà des personnages : les personnages sont des figures qui recueillent des paroles.
(...) Quand on essaie de saisir des personnages, ils glissent, leurs traits changent, « s'interchangent ». Ils ne sont jamais ce qu'ils sont. Ils sont dans un perpétuel travestissement d'apparences et de sentiments. Leurs rapports sont réduits à des vérités paradoxales : « Je te bats parce que je t'aime »
(...) « L'Ombre des anges » montre la passivité des morts-vivants chez qui toute émotion a été broyée, même la peur. Seuls la prostituée et le juif osent avoir peur, donc ils peuvent évoluer. Les autres s'accrochent à leurs malentendus. Ainsi les vieux nazis nostalgiques : celui qui croit avoir des siècles devant lui, celui qui regrette que tous les juifs n'aient pas été gazés. (...)

(Propos recueillis par Colette Godard –Le monde , le 3 février 1977)




Inséré le : 02/10/2002 00:00