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Découvrez ce jeune auteur de théâtre.

L'Inattendu et le diable en partage.


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Emmanuel DEMARCY-MOTA Metteur en scène
Fabrice MELQUIOT auteur

Texte : Le rideau s'ouvre sur un homme pendu par les pieds: c'est un soldat. Formidable Philippe Demarle. Un soldat serbe qui s'apprête à déserter. C'est la guerre; Le soldat veut échapper aux exactions de son peuple il fuit en Italie puis à Paris où il ne trouvera ni chaleur humaine ni repos de l'âme. Fabrice Melquiot, 30 ans, nous entraîne dans notre passé proche, redoutable exercice, qui plus est quand on sait qu'il débute au théâtre. A aucun moment il ne cherche à dynamiter la scène, à marquer ses débuts à coups de qrenade ; « le diable en partage » n'est pas une pièce de guerre, c'est une pièce d'amour. Son théâtre d ailleurs ne parle que de ça. De l'amour, celui qu'on a vécu, celui que l'on n'a plus ou qu'on a failli perdre. Le déserteur du « diable en partage » suit son chemin d'exil sous nos yeux, et régulièrement, le passé lui explose au visage. Par bouffées, comme des fantômes, ses proches apparaissent; la femme de sa vie, musulmane, qu'il a laissée aux mains de sa famille....serbe. Le metteur en scène Emmanuel Demarcy Mota, alterne avec beaucoup d'intelligence et d'astuce le temps présent, celui de l'exil, et les apparitions; dans un décor surprenant en bois, des panneaux qui se lèvent ou des trappes qui s'ouvrent, la vie jaillit dans la Bosnie en guerre. La famille est au centre de la souffrance; on la voit rire et puis pleurer, la mère tricote pour oublier les bombes, le père écrit un journal pour se souvenir comment c'était « avant » ,la fiancée subit les sarcasmes des fils devenus aussi guerriers que des loups ; ils veulent « casser du musulman et niquer du croate ». La guerre brise tout jusqu'à la plus petite cellule, la famille. Melquiot a un sens du théâtre évident, il est souvent poète et ne s'interdit rien, langue imagée ou gouailleuse, tragique ou grotesque, c'est souvent drôle, dialogues aussi nerveux qu'un match de ping pong ou au contraire, parole recueillie, et il fait bien, la vraie vie monte sur scène, fous rires, drague, peur et souffrance. On est emporté par ce tableau d'une guerre si proche de nous. « L'inattendu », l'autre pièce de Melquiot, Jouée par une belle actrice, Marie-Armelle Deguy, est un monologue. Une femme vit obsédée par le manque d'un homme, son amant noir, disparu prématurément. Là aussi, i! est question de fantômes et d'amour dans un climat de menace, car, dehors, des miliciens font la loi. A nouveau, Demarcy Mota respecte l'intimité du texte et la névrose du personnage; des petites fioles s'allument et à chaque lumière, un souvenir remonte; c'est beau, inspiré. Il faut souhaiter que le duo Melquiot-Demarcy-Mota continue d'explorer main dans la main, la vie et le théâtre.

Vincent Josse.



Source Externe : Radio France; Chronique du 27 septembre 2002.


Inséré le : 01/10/2002 00:00