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Comment j'ai rencontré Fabrice Melquiot
L'inattendu. Le diable en partage.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Emmanuel DEMARCY-MOTA Metteur en scène
Fabrice MELQUIOT auteur
Texte : Il faut vous dire : je ne suis pas très amateur des lectures publiques et des différents festivals qui leurs sont consacrés. Il y a dans cet exercice de l'alibi ou de « l'oblique », une façon de s'en mêler mais de loin, d'évoquer « le risque » sans le prendre. Or, un auteur a besoin d'être joué plus que lu.
Nous lisons à la Bastille, beaucoup, par nous-même 150 à 200 textes et projets pour le théâtre chaque année : ceux qu'on nous envoie, ceux que nous cherchons. Et c'est ainsi que Géraldine Chaillou par laquelle passent d'abord tous ces textes, me donna un jour à lire – « c'est très bien, lis cela » - plusieurs textes de Melquiot : L'inattendu, Autour de ma pierre il ne fera pas nuit, Le diable en partage, Les petits mélancoliques. Un auteur est là, nous nous en fûmes immédiatement convaincus.
Qui est cet homme, dont plusieurs textes sont déjà publiés à l'Arche, mais jamais joués ? Nous l'avons rencontré en juin 2001. Trente ans, un physique de voyageur, une concentration sans aucune pose. Je lui ai tout de suite proposé de présenter deux textes simultanément : une façon de « signer » autre chose qu'un « coup » éventuel mais plus sérieusement de présenter un auteur.
L'idée, bien sûr, l'enchanta. Nous n'avons alors rien dit de l'équipe qui pourrait réaliser les spectacles.
Lorsque j'ai compris que Fabrice Melquiot avait commencé le théâtre, à vingt ans, avec Emmanuel Demarcy-Mota, je me rapprochais tout naturellement de ce dernier qui présentait Six personnages en quête d'auteur. Très vite, Emmanuel me donna un accord enthousiaste. C'est courageux : il vient d'être nommé au CDN de Reims, beaucoup de problèmes sont à résoudre et il inaugurera sa direction avec un auteur tout neuf.
Fabrice Melquiot verra donc enfin son théâtre. Je suis sûr que ce moment important – il est là pendant toutes les répétitions – sera fécond pour lui, beaucoup plus que toute lecture. J'espère que cette joie, nous pourrons la partager.
Le diable en partage n'est pas une pièce de guerre. Mais, dans la guerre, que perd-on de plus que sa maison effondrée, sa jambe ou son frère.
Dans l'inattendu aussi, une bataille rôde. Une amoureuse est là, entre l'attente et le souvenir, comme un corps perdu sur son île. L'amour, il n'est question que de cela, est toujours un espoir.
Jean-Marie Hordé
Inséré le : 12/09/2002 00:00