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"Mon seul souci est de bien raconter l'histoire"

Valparaiso.


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Don DELILLO auteur
Thierry de PERETTI Metteur en scène

Texte : Thierry de Peretti nourrit ses mises en scène de références cinématographiques. Il monte « Valparaiso », de l'écrivain américain Don DeLillo, au Théâtre de la Bastille.

Le moins que l'on puisse dire c'est que ce jeune homme fluet, aux allures de petit faune bouclé, la trentaine fragile un rien fiévreuse, n'avance pas dans la vie pétri de certitudes. Monté à Paris de sa Corse natale pour faire l'acteur au cinéma, il se retrouve à faire du théâtre : « Mes références, acquises au vidéoclub d'Ajaccio, sont toutes cinématographiques. Plutôt du côté de David Lynch, Cronenberg ou Brian De Palma que de Brecht. » A la sortie du cours Florent, il rencontre l'univers de Koltès, « qui connaissait le même cinéma que moi », et met en scène successivement trois pièces, dont un « Retour au désert » exceptionnel. Il n'en continue pas moins de rêver de cinéma, et celui-ci nourrit d'ailleurs subtilement son travail. Ses seules références théâtrales sont de l'ordre du choc artistique : «J'ai été fortement marqué par des artistes comme Pina Bausch, Grüber ou Chéreau. Quand je vois le travail de Platel, je me demande à quoi sert le texte au théâtre. » Inquiet, soucieux du travail bien fait, il ne se la joue pas à l'inspiration : « C'est dur le théâtre, laborieux. Je ne crois pas à l'idée mais au travail. La seule vérité, c'est qu'on fait comme on peut pour que les choses existent, prennent corps. Ce qui m'intéresse c'est le lien avec le contemporain. Comment décrypter le monde? Que faut-il en penser? Quand faut-il se rebeller ? Comment être au bon endroit dans sa pensée et dans son corps ? » Difficile de trouver un univers à la hauteur de Koltès. « DeLillo est l'un des plus grands écrivains américains. Il déploie un univers entier, comme Koltès ou Dostoïevski. Ce sont de grands stylistes. DeLillo est un démiurge, un visionnaire qui jette un regard terrible sur le monde. Son œuvre tient à la fois du roman d'espionnage, métaphysique, philosophique, psychanalytique. Il rend le lecteur paranoïaque au sens où il le contraint à se tenir aux aguets. Le pari de monter une pièce pour la première fois, sans références, est une aventure excitante. Comment ne pas passer à côté du sens ? » Thierry de Peretti s'arrange sans façon de ses contradictions. Il finira bien par faire du cinéma, même s'il a déjà un prochain projet théâtral : Richard II, de Shakespeare, pour 2003, un classique pour celui qui ne jure que par le contemporain. Mais Shakespeare, ce n'est pas pareil...

Corinne Denailles



Source Externe : Zurban Juin 2002


Inséré le : 12/09/2002 00:00