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Destination danger

Valparaiso.


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Don DELILLO auteur
Thierry de PERETTI Metteur en scène

Texte : Le jeune metteur en scène Thierry de Peretti s'est vu décerner la saison dernière le prix du Syndicat de la critique pour son spectacle « Le Retour au désert » de Bernard-Marie Koltès. Un auteur auquel il s'était déjà confronté. Fort de cette reconnaissance, il a décidé de poursuivre l'exploration d'un théâtre contemporain âpre et dur. Contre toute at-
tente, il s'est tourné vers un auteur américain plus connu pour ses best-sellers que son
théâtre, Don DeLillo. En effet, si certains peuvent citer « Outremonde ou BodyArt », bien malin celui qui connaît « Valparaiso », pièce qu'a décidé de monter Thierry de Peretti, avec une détermination et un engouement sans faille. Pour lui, il l'a déclaré, « c 'est une écriture qui [lui] apprend sur le monde et sur le théâtre ». A propos de Don DeLillo, il cite même Marcel Proust. Pénétré de son texte, il s'est lancé dans cette histoire de malentendus, qui frise l'absurde. Avec, si l'on pousse l'analyse un peu plus loin, un côté kafkaïen. Un homme veut rejoindre Valparaiso (Indiana), se trompe de direction, croit se rendre à Valparaiso (Floride), pour se retrouver à Valparaiso (Chili). L'aventure pourrait s'arrêter là. Mais voilà que l'on veut savoir pourquoi cet homme s'est égaré ainsi. Etait-ce volontaire, un acte manqué, ou simplement une maladresse ? Jusqu'à la télévision qui s'en mêle et s'immisce dans la vie privée pour chercher ce qui n'existe pas : un prétexte.

Critique : On voit bien ce qui a pu attirer Thierry de Peretti dans cette pièce. S'il peut avoir raison sur le fond, en revanche, la forme laisse à désirer. Elle irrite même, tant elle pèche par la surenchère. Ici, rien ne nous est épargné, ni le bruit assourdissant, ni la musique stridente, ni les voix criardes. Il est vrai que Thierry de Peretti a suivi à la lettre les didascalies indiquées par Don DeLillo. Alors, où est la mise en scène ? Dans une sorte de brouillon, d'énervement permanent, de chaos qui, à la longue, occultent le texte pour laisser la place à un bruit de fond abrutissant. D'autant que la plupart des comédiens n'ont pas les moyens techniques que cette mise en scène exige. Ce texte, on le verrait mieux monté avec plus de mystère, d'une manière moins clinquante, et surtout, moins monocorde. Thierry de Peretti a trouvé une note, un ton. Il s'y tient. N'en bouge pas. Jusqu'au malentendu.

Jean-Louis Pinte.




Source Externe : Le Figaroscope juin 2002


Inséré le : 12/09/2002 00:00