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L'illusion palpable du bonheur. La dépêche du Midi jeudi 15 novembre 2007.







L'illusion palpable du bonheur.

Le metteur en scène toulousain Mladen Materic illumine la scène du Garonne avec « Nouvelle Byzance ».

Des comédiens apparaissent et disparaissent derrière un subtil jeu de rideaux animés. Une fine lumière clignote et illumine la scène comme par enchantement. Des individus se déplacent, se touchent, se bousculent, s' attirent et se repoussent, avec d'énigmatiques pulsions. Mladen Materic est un magicien. Son univers bouscule les règles établies avec une déconcertante illusion de facilité.
Originaire d'ex-Yougoslavie, le metteur en scène s'est installé à Toulouse en 1992 pour ne pas subir impuissant le conflit fratricide qui ensanglanta son pays. Après « Jour de fête» et « La Cuisine », joués dans le monde entier il revient sur le devant de la scène toulousaine avec « Nouvelle Byzance»: Cette dernière création élaborée et proposée au Théâtre Garonne jusqu'à la fin de la semaine, donne une nouvelle fois au Théâtre Tattoo la possibilité de s'exprimer avec force dans un langage universel. Sans mot dire, avec pour seule parole, celle du corps et des sentiments. Mladen Materic atteint avec à ses interprètes le sommet de son art.

Dans « Nouvelle Byzance» tout est dit sur les relations humaines. Un ballet onirique, entrecoupé d'images surréalistes et de mouvements précis, permet de livrer une observation pertinente des rapports de séduction, de répulsion, de domination ou de soumission qui agitent le monde. Motivé par un idéal humaniste, Materic a quelque chose à dire et il sait comment le dire. Il manie l'espace, la couleur, le mouvement et l'humour avec une harmonie constructive. Le metteur en scène ne fait pas du beau par souci esthétique. Il sublime le réel pour le rendre plus acceptable. Une démarche artistique rendue possible grâce à des comédiens aussi techniciens que spirituels. Car la force d'évocation de «Nouvelle Byzance» repose autant sur une imagination débordante que sur l'interprétation méticuleuse des acteurs. À la fois mimes, marionnettes vivantes et danseurs, ils sont les passeurs de rêves d'un monde à réinventer. Pour trouver de nouvelles formes d'expression, Mladen Materic explore la conscience humaine avec son âme slave. il n'hésite pas à rompre les schémas traditionnels de la représentation. Il sonde au plus profond l'inconscient collectif afin d'en extraire un essentiel de survie. Il affiche ouvertement son goût pour l'existence et pour l'être humain. Son théâtre est un souffle de vie dans lequel chaque battement de cœur transmet une émotion.
Pour prolonger cet instant de grâce, le festival Rio Loco qui consacre sa prochaine édition estivale aux BaIkans, pourrait créer la surprise avec une rencontre explosive entre Mladen Materic un autre monstre de la scène vivante en la personne du Emir Kusturica. Les deux hommes se connaissent et ont déjà travaillé ensemble. Les deux génies artistiques sont pressentis pour embraser le fleuve après avoir brûlé les planches du Garonne.

Jean-Luc Martinez





Source Texte : La dépêche du Midi jeudi 15 novembre 2007.

Genre : revue de presse
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Mladen MATERIC (Metteur en scène),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com

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