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MELK PROD goes to New Orleans







*MELK PROD goes to New Orleans

La Plantation, c'est un endroit très vert, comme ce fameux cocktail du sud appelé Mint Julep constitué de glace pillée*, de sirop et feuilles de menthe. Le bourbon s'invite aisément dans ce mélange rafraîchissant. Comme à Bourbon Street, fameux endroit pour amateurs d'alcool et musique festive, un cocktail est toujours le bienvenu, mais sauf qu'à Bourbon Street, il n'y a pas la fraîcheur de la Plantation : une grande allée qui nous accompagne avec des chênes centenaires, ces espaces verts où
tout convie à chercher un trèfle à quatre feuilles, seul trèfle que l'on ne verra jamais à la Finale de la « Poker World Series » de New Orleans où la bouche d'un alligator empaillé déborde de liasses de dollars qui rempliront certainement les poches du gagnant.
À la Plantation, on ne gagne rien. On n'a pas le droit d'y vivre non plus. C'est la première chose dont on est certain et c'est un peu dommage. Comme est dommageable l'arrivée de Katrina sur New Orleans, obligeant
les habitants à circuler en barques dans les rues. Ici, à la Plantation, pas de barques. C'est promenade à pied. De temps en temps, on aime bien être tout seul* à s'imaginer tout seul* à la Plantation. Ça, ce n'est pas possible quand on se retrouve dans une messe baptiste à la New Orleans
avec des chanteurs de Gospel qui n'arrêtent pas de vous embrasser. À la Plantation on n'embrasse pas. Sauf dans « Autant en emporte le vent ». Si l'on veut visiter la maison du propriétaire de la Plantation, on peut, mais en groupe, comme pour la visite des bayous avec ses alligators*. Mais alors, à la Plantation, il faut le faire accompagné d'un monsieur, habillé spécialement pour l'occasion, qui à l'habitude de raconter des histoires genre « Autant en emporte le vent » en américain du Sud en montrant des objets accrochés aux murs. Si on s'ennuie à l'écoute de ces histoires, on pense aux esclaves noirs et à leur calvaire. On arrive difficilement à les imaginer. C'est un peu comme ça, à la Plantation. D'ailleurs on a l'impression que le wifi ne viendra jamais s'installer ici.

* ce texte comporte volontairement des fautes grammaticales.



Source Texte : Théâtre de la Bastille.

Genre : brève
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Marco BERRETTINI (chorégraphe),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com

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