Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Daniel Léveillé par Michèle Febvre.
Daniel Léveillé Parcours artistique
Daniel Léveillé est né en 1952 à Sainte-Rosalie, Québec. Danseur, chorégraphe, pédagogue, il est également directeur artistique de Daniel Léveillé Danse et artiste visuel. Il s'initie à la danse à partir de 1977 à l'école de la compagnie Entre-Six (Lawrence Gradus) et à celle du Groupe
Nouvelle Aire (Martine Époque), après avoir interrompu des études en architecture. Il est brièvement danseur pour le GNA (1979-1980). Très vite intéressé par la création, il chorégraphiera ses premières pièces dans le cadre des Choréchanges : Le Bas rouge de Béatrice avec Louise Lecavalier, et OCRE (1978). Entre 1978 et 1981, il est l'un des interprètes choisis par Françoise Sullivan lors de son retour à la danse.
Cette expérience auprès de cette artiste hors des académismes et des modes de l'époque fut déterminante pour son avenir de créateur. En 1981, il fonde sa propre compagnie qui deviendra brièvement la compagnie Léveillé-Laurin en 1984, puis O Vertigo lorsqu'il en laisse la direction artistique à Ginette Laurin la même année. Jusqu'en 1991, année de la fondation de la compagnie Daniel Léveillé Danse, il agira à titre de chorégraphe indépendant sur la base de projets personnels et de commandes d'oeuvres par des compagnies ou des artistes à travers le Canada, parmi lesquels Montréal-Danse, Le Groupe de la Place Royale, Fortier Danse Création, Winnipeg Contemporary Dancers. Durant cette période, il collabore également à des productions théâtrales dirigées par les metteurs en scène Denis Marleau et Claude Poissant. Professeur au département de danse de l'Université du Québec à Montréal à partir de 1988, il enseigne la composition et la chorégraphie pour les étudiants, entre autres, L'Exil ou la mort (1991) et Utopie (1997), pièces qui seront reprises sur la scène professionnelle notamment au Festival international de nouvelle danse (FIND). Ses premières oeuvres, pièces courtes, intenses et crues, s'inscrivent dans le fort courant de théâtralité qui marque le tournant des années 80 : Voyeurisme, autour de la solitude affective et sexuelle, L'Inceste, duo pour Ginette Laurin et Gilles Simard, Fleur de peau, pour quatre hommes entre tendresse et violence, L'Étreinte, inspiré d'un roman de Yves Navarre, But I Love You et Écris-moi n'importe quoi sont autant d'oeuvres mettant en scène l'érotisme, la sexualité marginalisée ou les paroxysmes passionnels peu présents sur les scènes
d'alors. Le propos du Sacre du Printemps (1982) sera la seule création d'alors qui fera exception à ce thème récurrent. Après cette période aux thèmes drus où la théâtralité passe par la narration et un certain dramatisme, le chorégraphe se pose la question : « Comment bouge une émotion ? » Il va alors extirper du corps des spasmes, secousses, tremblements, cris, faisant de la répétition un mode de composition. Traces I, II, III, IV, V VI (1989) constitue l'oeuvre majeure de ce parcours de recherche. Issue d'improvisations à partir de ses dessins, elle est paradoxalement minimaliste et excessive, comme l'ensemble de l'oeuvre de Daniel Léveillé, d'ailleurs. En effet, presque toutes les chorégraphies portent l'empreinte d'une tension entre dépense et économie, excès et retenue. Elles ne font aucune concession majeure à un quelconque lyrisme excepté dans les choix musicaux - qui pourraient être le refuge de la part émotive des oeuvres. Depuis 2001, le corps nu semble être devenu la matière, sinon le thème du chorégraphe. Dans Amour, acide et noix (2001) et La Pudeur des icebergs (2004), il est exposé presque comme un objet clinique, implacablement évident et blanc, virilement vertical mais vibrant à fleur de peau de son agitation organique intérieure. Voué à refaire les mêmes trajets, les mêmes sauts, les mêmes gestes contenus aux lignes pures et droites, le corps aux orifices et aux palpitations dévoilés expose son étrange et mouvante beauté, sa fragilité aussi. Cette exhibition radicale est maintenue dans une composition spatiale extrêmement rigoureuse qui en accentue encore l'ascétisme et met en question toute tentation voyeuriste. Chorégraphe aux choix esthétiques exigeants, voire intransigeants, Daniel Léveillé occupe une place à part dans la danse Peu prolifique, il s'est volontairement tenu longtemps à l'écart du fonctionnement en compagnie et du marché de l'art qui oblige les artistes à une production régulière et rapide. Le succès l'a rattrapé avec Amour, acide et noix qui lui a assuré depuis peu une reconnaissance internationale.
Michèle Febvre
Source Texte : Théâtre de la Bastille.
Genre : texte d'artiste
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Daniel Léveillé (chorégraphe-interprète),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com
A voir :