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Les Écrits bruts
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Patricia ALLIO Metteur en scène
Samuel DAIBER auteur
Texte : Les Écrits brutsCe texte fait partie d'un volume publié en 1979 par Michel Thévoz, intitulé
Écrits bruts.L'épithète « brut » renvoie à une double racine : rudus et incultus. Aussitôt, c'est l'image d'un champ en friche, d'un univers matiéré, primitif, cru et vierge d'influences culturelles, indemne de tout ce que celles-ci engendrent comme formes diverses de raffinement et d'humanisme.
La plupart des créations hors normes rassemblées sous ce concept d'écrits bruts et certaines propositions d'avant-gardistes expérimentent un commun travail de la langue. Elles s'aventurent dans des rythmes inconnus, mettent en oeuvre l'intrusion de l'oralité, réactivent les fonctions performatives et incantatoires du Verbe, mais aussi le corps du signe.
sx.rx.Rx au lieu de garder silence, j'ai voixé : une parole et un acte poétiquesLa mise en scène de
sx.rx.Rx au lieu de garder silence, j'ai voixé est d'abord une aventure poétique, au sens où tout poème travaille sur l'écart, la suspension, ouvrant nouvellement notre relation au monde et à nous-mêmes. Si le poème est toujours un acte de résistance, puisqu'il creuse un écart avec la langue usuelle, outil de communication, l'écriture de Daiber est de surcroît un acte de rédemption puisqu'elle naît d'un double enfermement, mental et physique. C'est de l'empêchement que naît une langue nouvelle où l'auteur expérimente la jubilation, en résistant à toutes les forces oppressives qui pèsent sur lui. A partir de la langue de Daiber,
sx.rx.Rx au lieu de garder silence, j'ai voixé veut faire partager cette joie retrouvée grâce à l'écriture.
La folie et la normalité en questionL'enjeu de mise en scène de
sx.rx.Rx au lieu de garder silence, j'ai voixé est aussi de redonner un espace-temps commun de réception à une parole censurée, celle de celui que la société nomme le fou, et de rétablir ainsi des liens de continuité entre la folie et la normalité.
Quelles sont les limites de la rationalité ? Comment penser les contours de l'identité subjective sans interroger les liens entre le langage et la pensée alors même que la croyance en un moi stable s'est dissoute depuis plusieurs siècles ?
Comme un miroir, la folie et la maladie interrogent toujours notre supposée saine normalité. Les extravagances linguistiques, longtemps rejetées comme symptômes psychopathologiques, questionnent l'étroitesse de nos catégories et nous invitent à reconsidérer les limites de nos conceptions éthiques et esthétiques. En s'appuyant sur l'expérience rédemptrice de l'auteur,
sx.rx.Rx au lieu de garder silence, j'ai voixé choisit de déjouer les codes de représentation habituels de la folie pour mettre l'accent sur sa dimension créatrice.
Source Externe : Théâtre de la Bastille.
Inséré le : 28/04/2008 00:00