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Le parti pris des choses. Le Figaro Octobre 2005.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Pierre Meunier Metteur en scène
Texte : On connaît son goût pour les pierres, les tas, les ressorts. Il en a fait, depuis quelques années, de petits bijoux spectaculaires. Souvenir de lui à Paris-Villette
L'Homme de plein vent avec Hervé Pierre et
le chant du ressort avec Isabelle Tanguy, au Théâtre de la Bastille,
Le Tas avec Jean-Louis Coulloc'h. On le retrouve aujourd'hui, et non sans émotion, à l'Atelier du Plateau, ce havre de poche, dans la chaleur jamais dissipée de Gilles Zaepffel.
Seule. Silhouette de Pierrot lunaire qui descend par une frêle échelle de la mezzanine, comme un enfant de son lit haut... Regard clair, pur, une troublante innocence, Pierre Meunier. Jouée, bien sûr, cette candeur, car il nous manipule comme il manipule les objets. Il nous retient dans son parti pris des choses, et on en redemande ! Et jamais si bien qu'ici on aura vu l'acteur, les subtilités d'un jeu, la puissance sans agressivité aucune d'une présence.
Même si l'on craint comme la peste l'interactivité, on accepte de bon cœur le passage de cailloux témoins, de main en main. Grain merveilleux des pierres, tons rosés, ocre. Anthracite soudain. Mica peut-être. Bientôt
le tas sera constitué, sur une table de camping assez déglinguée. Derrière le conférencier qui s'attache au tas, à la spire, à la chute et à l'air, des suspensions sous plastique gris. Machines désirantes dévoilées au fur et à mesure du déroulement de ce « spectacle » qui a des allures de récital. Machines imaginées et mises au point par Pierre Meunier, elles viennent à l'appui d'une démonstration savante et poétique merveilleuse.
La singularité délicieuse de cet homme, son entêtement à ne pas quitter le terroir, étroit d'apparence, mais vaste comme le cosmos, qu'il s'est fixé, sont magnifiques.
Son érudition, son sens de la langue (lisez
le bleu des pierres aux Solitaires Intempestifs) donnent une gravité bouleversante à ces moments délicats, déchirants et tellement drôles, en même temps.
Armelle Héliot.
Source Externe : Le Figaro Octobre 2005.
Inséré le : 01/04/2008 00:00