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Lars Norén Eléments Biographiques.
Lars Norén
Comme beaucoup d'écrivains scandinaves, Lars Norén, né en 1944, a commencé par écrire des poèmes : Lilas, neige, Résidus verbaux...
A vingt ans, c'est l'hôpital psychiatrique. Diagnostic : schizophrénie. Traitement : hibernation et chocs électriques. Il ne cesse pas pour autant d'écrire.
Après Salomé, les sphinx (1968), composé de réflexions, de poèmes et de textes en prose où se retrouvent certains accents de ses premiers recueils, vient Revolver (1969) où surgissent les thèmes politiques. Dans Poèmes solitaires (1972), il s'agit de la vie quotidienne, solitaire et paradoxalement commune, absurde, détestable et merveilleuse. La forme se fait plus simple, plus fermement organisée, la parole est aussi plus abondante mais en même temps plus laconique, les images plus brèves acquièrent une nouvelle autorité. Les recueils de poèmes de Norén se suivent pratiquement tous les ans, le tout aboutissant à un émouvant poème d'amour, Le cœur dans le cœur (1980). Entre temps, Lars Norén s'est également essayé au roman, en publiant en 1970 Les apiculteurs. C'est l'image fiévreuse, amère et allègre, d'une jeunesse qui vit de petits vols, de filles, de drogue et de surveillance policière et sociale. Ce devait être le premier volet d'une trilogie. Le deuxième, Au ciel souterrain (1972), n'en est pas la suite mais un autre versant : au centre du livre, la relation homosexuelle entre deux garçons dont le plus dominateur vit également avec une fille qui se prostitue pour lui. Si l'écriture reste alerte et réaliste, comme dans le premier roman, la vision est obsessionnelle. Le troisième volet de la trilogie n'a jamais vu le jour.
En 1973, Lars Norén débute comme auteur dramatique, avec Le lécheur de souverain, commande du théâtre Dramaten de Stockholm. Ce fut un échec, certainement douloureux pour l'auteur déjà très apprécié par toute une génération qui se retrouvait en lui. Peut-être avait-il tort de situer l'action au XVe-XVIe siècle, dans une Europe mi-italienne, mi-allemande et d'essayer d'en endosser les oripeaux. Peut-être ses visions et ses provocations, souvent assez crues, n'arrivaient-elles pas à passer la rampe. Pourtant, lors de sa reprise à la fin des années 80, la pièce devint un succès à scandale.
Quoiqu'il en fût, Lars Norén revint quelques années plus tard au théâtre avec des pièces contemporaines, ancrées dans son autobiographie et soumises à l'éclairage particulier qu'il pouvait y apporter. La première pièce de cette veine, La force de tuer, est signée en 1978 ainsi que Acte sans pitié. Elles furent publiées en 1980 avec une troisième pièce, Oreste, jusqu'à présent son dernier retour à un monde mythique et historique.
Les pièces se suivent, procédant par légers décalages et présentant souvent, en apparence, des conflits identiques sous des éclairages un peu différents. Tout est à la fois indispensable et inéluctable et l'on atteint une sorte de « temps réel » mais d'un niveau supérieur, d'une intensité jamais relâchée, où chaque mot compte, apportant sa nuance et sa blessure. Ou alors, on pourrait dire que pour Lars Norén, le temps n'existe pas. Nouveau tournant dans l'œuvre de Norén (certains journalistes écrivirent même que ce fut un tournant pour le théâtre suédois) : Catégorie 3.1 (1997), épopée théâtrale traitant du côté sombre de notre société. Ce fut l'une des productions théâtrales les plus discutées dans la Suède des années 90. Catégorie 3.1 fut également tournée pour la télévision suédoise.
Lars Norén sort des étroits cercles familiaux pour aller dans les rues de Stockholm où l'on trouve les plus démunis, ces voix qui ne sont jamais entendues dans la Suède moderne.
Le théâtre de Lars Norén devient « sociologique » : est abordée la tragédie des sociétés contemporaines, des bas-fonds et de la grande misère des métropoles occidentales.
Ce dialogue familier et agressif, tour à tour insinuant et brutal, ce dialogue de tous les jours, Lars Norén en avait déjà capté dans ses romans les tonalités « réalistes » - vocabulaire et rythme. Depuis 1999, Lars Norén est directeur artistique du Riks Drama au Riksteatern.
Ici dans ses pièces, les premiers pas psychologiques aboutissent rapidement à un état visionnaire. Par ses allusions, ses pièges et ses attaques soudaines, ce langage est fait pour se retrouver en nous, dans notre parler quotidien, exprimé ou subconscient, et nous impliquer dans ce monde envoûtant que nous ne connaissons que trop bien : l'eDepuis 1999, Lars Norén est directeur artistique du Riks Drama au Riksteatern.
Source Texte : Théâtre de la Bastille.
Genre : biographie
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Pierre MAILLET (Metteur en scène), Lars Noren (auteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com
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