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La veillée. La famille en pièce. Le figaroscope du 26 sept au 2 oct.


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Mélanie LERAY Metteur en scène
Pierre Maillet Metteur en scène
Lars NORÉN auteur

Texte : La veillée. La famille en pièce.

La famille fut, dans les années 1980 et 1990, au centre des pièces du dramaturge suédois Lars Norén. Famille qu'il ne manquait pas de critiquer, son théâtre étant souvent d'essence autobiographique. La Veillée date de 1989. Il s'agit d'une soirée où deux frères et leurs femmes se retrouvent après l'enterrement de leur mère. Entre eux, il y a d'abord cette urne funéraire que l'on a rapportée et dont on ne sait que faire. Présence terrifiante qui déclenche des confessions. Des désamours violents. Les deux couples battent de l'aile, usés par leur silence, leurs mensonges leur incapacité à vivre autrement que dans un banal quotidien. Et puis il y a tout ce qui est caché, le père, alcoolique et brutal, mort quelque temps plus tôt et dont on ne sait où il est enterré. Les deux frères qui se détestent de ne pas savoir s'aimer. L'inceste du père qui plane sur l'un d'eux. Cette famille va, bien sûr, voler en éclats, laissant chacun à son propre désespoir, vidé de toutes illusions. À jamais seul.

Critique.
Pierre Maillet et Mélanie Leray ont déjà mis en scène il y a un an une pièce de Lars Norén, Automne et hiver. Ils étaient, dans l'analyse des situations, plus corrosifs qu'aujourd'hui. On retrouve bien sûr les partis pris qui font leur force et leur style : utilisation ironique de la musique et de l'image (diffusion de Dallas à la télé). Enfermement des personnages dans un décor 70 figé, paroxysme de violence dans des affrontements verbaux. S'ils sont moins virulents, c'est sans doute par cette distance qu'ils introduisent entre les comédiens et le texte, qui nous laisse libres d'avoir notre propre idée sur chaque personnage. S'ensuit une sorte de grâce, parfois brutale, dans leur manière de conduire l'action, avec des acteurs qui s'engagent très souvent jusqu'à la rupture. On éprouve de la compassion envers les personnages : on va jusqu'à pardonner leur lâcheté au-delà de la brutalité des faits. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, il ne s'agit pas là d'un théâtre bourgeois de convention. Lars Norén se sert d'un genre pour mieux le détruire.

JEAN-LOUIS PINTE





Source Externe : Le figaroscope du 26 sept au 2 oct.


Inséré le : 26/09/2007 00:00