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GLAM-ROCK& POST-PUNK Toc Fév 2006.







GLAM-ROCK& POST-PUNK

Danse et théâtre contemporain s'inspirent largement de la scène rock et post-punk. Ni « récup », ni nostalgie. Plutôt irrévérence et nouvelles fantasmagories.
Revue de détail.



L'univers rock déborde largement des scènes musicales. Le rock et le post-punk électro jouent franc jeu. La proposition de Gildas Milin (L'homme de février, en création à Bourges] évoque la scène pop/rock et le destin schizo et ravagé par les médocs d'une de ses étoiles, tandis que celle de Mario Batista (Erma et moi, en création à Corps de texte, à Rouen] invente la comédie musicale punk pour mieux décharger la tension qui affleure dans le drame contemporain d'Erma, devenue machine.

Léthargie des corps
Le rock et le post-punk comme dernier avatar décomplexé et impulsif dans un monde normé et scientiste. Pourquoi pas ? Mais le son rock, volume saturé, énergie électrique, rythmique basique, interroge. Directement avec la chorégraphe Fabienne Compet (No, no, no repris aux Antipodes, à Brest] pour qui le son et l'image rock ne laissent pas le corps indemne. Indirectement avec Christian Rizzo (Jusqu'à la dernière minute, on a espéré que certains n'iraient pas, en création aux Antipodes), qui associe à l'énergie de l'électro-rock la léthargie des corps suivant des rituels éclatants. Les propositions de Rizzo sont le plus souvent des objets rock et plastiques super efficaces, comme peuvent l'être certaines pièces de Gisèle Vienne, chorégraphe aux influences punks avérées.

Décharges impulsives
La première pièce de son diptyque (I Apologize, repris au théâtre de la Bastille) se présente comme un no man's land propice aux décharges impulsives d'un ado post-pubère complètement addict de poupées. Elles sont une vingtaine sur scène, sorties de leur cercueils en bois, entre figurines punk goths, les maléfiques Living Dead Dolls et les enfants innocents du photographe Bernard Faucon (voir page 62). La proposition fascine par sa maîtrise des codes (narratifs, visuels), par sa facilité à déconstruire l'ensemble pour suggérer le basculement, la perte qui accompagne un érotisme froid (hors-champ flippant, inversion des scènes, séquençage du jeu, illusion de vie passive des poupées). L'irruption d'icônes trash (le dessinateur punk Jean-Luc Verna, la danseuse Anja Röttgerkamp, l'écrivain Denis Cooper) perturbent ainsi le jeu à mesure que l'électro de Peter Rehberg sature l'espace blanc. Can't control myself.

Laurent Geffroy



Source Texte : Toc Fév 2006.

Genre : revue de presse
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Gisèle VIENNE (chorégraphe-interprète),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com

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