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Portrait de Marcial Di Fonzo Bo
Portrait de Marcial Di Fonzo Bo
Passeur, Marcial s'appuie sur quelque chose de l'enfant, l'enfant bien sûr que chacun a en soi, mais avec lequel il n'est pas donné de rester toujours en contact. L'enfant, c'est la force de la pulsion revendiquée à l'égal de n'importe quelle autre réalité, c'est surtout l'importance du jeu, du pur fait de jouer comme moyen d'expérimentation avec le monde. L'enfant séduit par son narcissisme, mais il émerveille par sa passion à découvrir le monde en jouant. Marcial aime jouer et il le montre, il joue aussi à jouer. Richard III joue, il joue à « jusqu'où peut-on aller », et c'est l'horreur redoublée d'un assassin qui est aussi un enfant. L'officier de La Colonie Pénitentiaire joue aussi avec sa trop belle machine, il se prend à son jeu, il se prend même pour sa machine, il est fou... La folie, c'est encore Louis Wolfson à propos de Rose Minarsky, le « schizo », avec son geste d'enfant pour se gratter la tête, son rire dissocié pour parler de la douleur, la sienne ou celle de sa mère, c'est pareil, le cancer comme lui est né dans l'ovaire, mais c'est peut-être l'autre, gardons nos défenses, c'est-à-dire notre capacité à jouer, notre humour. Mais il n'est pas impossible que le Sage joue aussi à sa façon, « buée tout est buée », comment penser le monde à partir de cette seule et unique catégorie. Et comme pour Richard, comme pour le Sage, comme pour l'officier après la représentation, quel spectateur n'est pas devenu le schizo, la schizophrénie Marcial vous l'a refilée, qui pourrait maintenant parler calmement la langue de sa mère, qui ne cherchait pas à réinventer une autre pour parer à cette catastrophe interne universelle : être né ?
Leslie Kaplan
Source Texte : Théâtre de la Bastille.
Genre : biographie
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Marcial DI FONZO BO (Metteur en scène), COPI (auteur),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com
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