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Copi par Amando Llamas aout 1987.
Là où les dramaturges contemporains font le plus souvent de la littérature ou de la poésie dialoguée, Copi est bel et bien l'un des plus rares à faire exclusivement du théâtre. Il n'écrit pas des textes à lire, il ne prétend pas y greffer la poésie - il s'agit, et violemment, de textes à jouer, qui ne prennent vraiment toute leur violence que s'ils sont incarnés, déployés dans l'espace. Débarrassés du leurre de la poésie, du psychologisme, du didactisme, de la glu de l'intériorité.
Un véritable théâtre de la cruauté qui aurait accompli une fois pour toutes, en les dépassant, les propositions d'Antonin Artaud.
Là où la plupart des dramaturges trouvent leur truc ou leur manière, qu'ils exploiteront jusqu'à la nausée, Copi confronte à chaque fois son univers personnel à une forme théâtrale nouvelle.
L'œuvre de Copi serait une comédie onirique. Les limites étroites de la vie ordinaire commencent peu à peu à élargir leurs frontières. La mort n'est plus un cauchemar mais un rêve comique, un rêve où les bornes et les finalités auraient depuis longtemps cessé d'exister. On croit trop souvent que le théâtre de Copi est « rigolo » ou « drôle » ; never mind, on a pu lire aussi dans un grand quotidien que Gertrude Stein était un écrivain dadaïste ou qu'Erik Satie était un compositeur mineur. L'humour de Copi existe, mais en tant que manifestation extrême de délicatesse et de pudeur, comme une manière d'éviter les pièges de la pédanterie et de l'emphase.
Les personnages de Copi n'ont d'autre épaisseur que celle de la parole, et que le théâtre leur donne. Tout, absolument tout, peut leur arriver, comme des amibes, par scission, ils deviennent multiples ; ils meurent et ressuscitent ; ils sont beaux et hideux ; animés par des soubresauts de bonté et des crises de méchanceté ; ils sont illimités, car ils ne connaissent d'autres limites que celles du théâtre.
Si jamais comédie humaine a été écrite à notre époque, c'est bien celle constituée par les personnages de Copi. Putes, arabes, folles, rongeurs, marsupiaux, vaches, travestis, insectes, metteurs en scène, prêtres, comédiens, détectives, concierges, extra-terrestres, femmes de chambre, ouvriers, infirmières, présidents. L'ironie doublée de l'illimité peut faire rire, c'est certain.
Armando Llamas
Août 1987
Publié le 2007-02-05
Source Texte : Théâtre de la Bastille.
Genre : biographie
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : COPI (auteur), Marcial DI FONZO BO (Metteur en scène),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com
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