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Interview réalisé aux Substistances, 2005
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Gaétan BESNARD Concept
Texte : BAR-Q-UES, première oeuvre de la Cinémécanique, est une sorte de film d'animation créé en direct, où l'image se travaille artisanalement par Vincent Fortemps (dessin), Christian Dubet (lumière), Alain Mahé (son) et Gaëtan Besnard (vidéo). Comment s.est constituée l'équipe de « cinémécaniciens » ? Le dispositif
Cinémécanique a été inventé en 2001 par Christian et Vincent, réunis pour travailler tous les deux sur la création du spectacle de François Verret, Chantier Musil. La rencontre, associant leurs pratiques artistiques différentes, donna naissance à ce dispositif, utilisé alors pour la première fois dans ce spectacle où étaient aussi réunis Gaëtan et Alain. Cette première expérience de travail en commun détermina la suite et le désir de s'associer dans cette aventure. Quelques années auparavant, Alain et Christian avaient déjà travaillé ensemble à l'enregistrement de matières qui trouvent leur place aujourd'hui dans
BAR-Q-UES.
La Cinémécanique permet la création en direct d'images associant le dessin, la lumière et un capteur vidéo. Pouvez-vous expliquer ce procédé né de la rencontre d'arts très différents ?C'est une sorte de bricolage qui fait naître en mouvement des paysages mentaux, des rêveries, à travers l'usage d'outils qui associent le rhodoïd transparent, sur lequel Vincent Fortemps dessine au crayon gras lithographique et une plaque de verre à travers laquelle une caméra filme ce qui se dessine en parallèle. Dans cet espace en train de se construire, se déconstruire, se reconstruire, Christian Dubet intervient avec plusieurs sources de lumière pour faire apparaître, disparaître ou moduler justement ce qu'est la vie interne aux paysages, aux espaces, aux associations que Vincent dessine. C'est un art du récit... par l'image qui est en même temps mouvement, où il est question par la sensibilité du mouvement de la lumière de faire apparaître, disparaître, de faire varier les intensités, les
présences, les charges intensives.
Ils créent une sorte d'atmosphère. C'est à l'image d'une rêverie dans laquelle il y a une perpétuelle fragilité, celle du temps qui
ne se stabilise pas. Ce n'est pas fabriquer une image bien cadrée stable et fixe, être sûr de son grain, de ses couleurs. C'est mettre en question la teneur même de cette image, sa précarité, sa qualité. L'interroger tout en la fabriquant, c'est la mettre dans un mouvement relatif.
À chaque instant, c'est un essai, ça ne se stabilise pas ; l'image, elle se cherche, elle cherche à se déployer, puis à s'effacer pour en faire naître une autre et ainsi de suite.
Interview réalisé aux Substistances, 2005
Source Externe : Théâtre de la Bastille
Inséré le : 15/05/2007 00:00