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Basso Ostinato Les Inrockuptibles mardi 12 déc 2006.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Caterina SAGNA chorégraphe-interprète
Texte : Basso Ostinato.Exercice de style sous forme d'un trio qui fusionne, sous nos yeux. en un seul corps. Face à face, deux danseurs commencent un dialogue qui deviendra, au fil du spectacle, la "basse obstinée"
(ou Basso ostinato, le titre original). Caterina Sagna précise que cette basse, dans une combinaison rythmique, se répète incessamment du début à la fin d'un morceau. Et que, peu il peu, s'y greffent d'autres éléments. On se doute, connaissant le goût de la chorégraphe italienne pour les excès dramatiques, que c'est bien ces rajouts qui vont constituer la base de cette envolée quasi lyrique. Sur un écran, une scène d'un ballet classiquedéfile, les partenaires y prêtent parfois attention. On cause de calvitie chez le danseur -
"Et alors comment faire les pirouettes avec une perruque ?" -, de merde en scène et de la vie qui va. Et qui finit par dérailler. Caterina Sagna joue avec les mots, au point de laisser ces
boys les vomir sur scène. La scène va se rejouer, le texte se déplace, comme pris dans une faille temporelle. Un troisième danseur complète le tableau: il dérègle un peu plus l'ordonnancement, avec cette table encombrée de cadavres de bouteilles et de deux chaises. Sa tête s'affaisse, une main la rattrape, comme ces réparties de haut vol, son genou se plie. De la (dé)construction du texte, Sagna va faire une exploration chorégraphique. Ce sont les vrais moments forts de
« Basso Ostinato», à l'image du trio qui fusionne, sous nos yeux, en un seul corps. Jeu de massacre d'une richesse inouïe autant que précis de dans, ou ce qu'il en reste. Un tel projet – soutenu par le Festival Mettre en Scène de Rennes -, où l'humour vire au noir à l'instar des alcools en scène, repose sur une entente des participants. Sagna réuni Alessandro Bernardeschi, Antonio Montanile et Mauro Paccagnella, les basses contraintes de l'entreprise. Des invités parfaits que l'on se verrait bien convier chez soi pour un réveillon tragique.
Philippe Noisette.
Source Externe : Les Inrockuptibles mardi 12 déc 2006.
Inséré le : 12/12/2006 00:00