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A propos d'une belle enfant blonde.
A propos d'une belle enfant blonde.
Une belle enfant blonde/A young, beautiful blonde girl fait suite à la création du spectacle I Apologize. Ce travail sur le fantasme lié à la mort est élaboré à partir de variations sur la reconstitution d'un accident, qui remettent en question la représentation univoque de la réalité, et font part du glissement ambigu entre réalité et fantasme.
Une belle enfant blonde développe, d'abord de façon linéaire, l'hypothèse d'un crime, en présence d'un auditoire de poupées articulées aux dimensions d'un corps de jeune fille d'une douzaine d'années. Sa reconstitution, où interprètes réels, poupées, personnages absents oscillent entre personnages réels et fantômes, la remet en question par des erreurs de logique dans la narration.
Ces caractères vivent chacun leur expérience ; cela les mène à s'interroger sur leur propre rapport au fantasme et à la confusion, qui peut se faire ou pas, avec la réalité ; on assiste à la mise en scène complexe, infinie, d'un fantasme, avec ses répétitions, ses nombreuses variations, issues d'une recherche sur la représentation d'un fait et sur l'expression d'une obsession, d'un manque.
Cette pièce décrit la relation entre trois personnes, où les déviances internes apparaissent d'autant plus violemment qu'elles ont lieu dans un cadre organisé aux repères précis.
La poupée matérialise un antagonisme dramatique : celui d'un corps qui fait le lien entre l'érotisme et la mort. Bien qu'incarnée, elle peut aussi évoquer l'absence, le manque, le fantôme désincarné. Son corps a un statut intermédiaire entre corps et réel et un autre qui, bien qu'imaginé, simple objet, est un prodigieux tremplin à fantasmes.
Dennis Cooper a écrit un texte autobiographique sur lequel improvise Catherine Robbe-Grillet qui y mêle quelques éléments de sa propre biographie. Jonathan Capdevielle interprète un personnage à l'identité sexuelle trouble qui se dédouble pour mener une enquête sur sa propre mort. Anja Röttgerkamp, victime au départ d'un cadre angoissant, révèle au cours de la pièce un voyeurisme de l'écoute qu'elle exerce manifestement pour son plaisir.
Les trois acteurs, tout d'abord interprètes d'une mise en scène, deviennent peu à peu leur propre metteur en scène, jouant de leurs fantasmes personnels, s'interrogeant sur les liens intimes entre érotisme et mort.
Pas moins exaltée qu'I Apologize, Une belle enfant blonde/A young, beautiful blonde girl, reprend une même humeur sombre et passionnée tout en quittant la fièvre adolescente pour aller vers une maturité plus calme et organisée.
Source Texte : Théâtre de la Bastille.
Genre : brève
Thème(s) :
Mot(s) Important(s) :
Artiste(s) : Gisèle VIENNE (chorégraphe-interprète),
Passage(s) :
Source Artishoc : Bastille - http://www.theatre-bastille.com
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