Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Farce tragique en préfecture. La Marseillaise 13 mars 2006.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Eduardo DE FILIPPO auteur
marie VAYSSIèRE Metteur en scène
Texte : Farce tragique en préfecture.Marie Vayssière, à la tête d'une bande de joyeux comédiens, s'est plongée avec jubilation dans une pièce écrite par le Napolitain Eduardo de Filippo en 1964, mais qui pourrait, dans le portrait qu'elle dresse des relations entre l'Art et le pouvoir, avoir été écrite aujourd'hui...
C'est une véritable et contagieuse passion que voue à Eduardo de Filippo Marie Vayssière, comédienne et metteure en scène habituée du Théâtre national de Bretagne - où elle a récemment revisité
Tartarin de Tarascon, sans avoir été invitée à le jouer dans la région. .. - mais bien connue du public marseillais - elle fut la
Médée de Mireille Guerre, et faisait partie du
Richard III d'Angela Konrad. Une passion qui, plus que du cinéma (De Filippo est l'auteur de la pièce à la base de
Mariage à l'Italienne, avec Sophia Loren), est née via le « saint-acteur » Toto, star du Varietà, et par Petrolini, lui aussi comédien magnifique, fasciné par l'illusion et les situations « glissantes » :
« Fils de Scarpetta, lui-même héritier de Goldoni, cet enfant de la balle défendait un théâtre populaire, mais sous la farce se dessine un engagement et une provocation irrésistibles. Et la farce finit par virer au tragique, à une inquiétude profonde, une douleur. C'est troublant, discordant. Et, dans L'Art de la comédie, c'est particulièrement vrai...»La pièce débute par la rencontre entre un chef de troupe de théâtre et un préfet fraîchement nommé ;
« une conversation désastreuse », sourit Marie Vayssière,
« mais qui repose sur des arguments qui sont aussi fins d'un côté comme de l'autre sur les rapports de l'Art et du pouvoir, sur la dignité de cette profession-là, et des autres professions. »Quand la farce devient troublante...Ulcèré, le chef de troupe menacera d'envoyer ses comédiens en lieu et place des prochains habitants que le Préfet frais émoulu a prévu de rencontrer, semant le doute et le soupçon dans l'esprit de l'homme de pouvoir, qui vacille...
«Evidemment, les questions soulevées ici sont d'une brûlante actualité, en ces temps où s'impose une version aussi mercantile et sacralisée de l'art en général, et du théâtre en particulier. On dirait que ça a été écrit maintenant, c'en est presque gênant... Mais ça va au-delà de çà...» Pour incarner la pléthore de personnages imaginés par De Filippo, une distribution resserrée (
« on revient aux difficultés de nos métiers... ») mais appétissante, avec le tandem Fit Goedert / Agnès Regolo (bien connus des fans de la Cie L'Art de Vivre), mais aussi Christian Esnay, Erik Gerken, Philippe Gorge et Miloud Khétib, souvent vu chez Lavelli, Régy ou Chéreau, dans le rôle du Préfet.
D.B
Source Externe : La Marseillaise 13 mars 2006.
Inséré le : 13/04/2006 00:00