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Raimund Hoghe, pantin docile de Boris Charmatz Le Monde 31 mars 2006.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Eduardo DE FILIPPO auteur
marie VAYSSIèRE Metteur en scène
Texte : Raimund Hoghe, pantin docile de Boris CharmatzDans la bande-son du spectacle
Régi, un trio de Boris Charmatz, le danseur français fait répéter au chorégraphe et performer allemand Raimund Hoghe quelques mots :
"Insulte... oui... non..." Docile, Raimund Hoghe les additionne en boucle. Comme une mécanique parfaitement remontée, un jouet entre les pattes de Charmatz, il consent à tout, même à endosser son numéro hystérique à la Pina Bausch (il en a été le dramaturge de 1980 à 1990), si obéissant qu'il vire parfois à la parodie de lui-même.
Trop obéissant, Raimund Hoghe ? Trop prisonnier de son désir de scène ? Hoghe est
Régi à plus d'un titre. Par Boris Charmatz, par son passé professionnel, son image et surtout sa bosse. Pour ceux qui depuis dix ans n'ont encore jamais contemplé sur scène sa silhouette difforme, cette vision recèle une charge déstabilisante. Allongé, nu, à côté du corps sculptural et surexposé de Charmatz, Hoghe se prête aux fantasmes de son partenaire.
L'ostentation du propos, sa plasticité trop bien sertie par les lumières d'Yves Godin et sa saveur narcissique occultent en partie le trouble qu'il prétend imposer. Au final, Raimund Hoghe laisse sur le plateau une enveloppe vide, un pantin qui lui ressemble comme un frère. Orphelin de lui-même, dépossédé de ce qui a fait dans ses propres spectacles sa richesse, son style et son pouvoir émotionnel unique, il offre le simulacre d'un combat qui tourne à vide. Sans doute le sens secret de
Régi ?
Rosita Boisseau
Source Externe : Le Monde 31 mars 2006.
Inséré le : 07/04/2006 00:00