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De Filippo en vayssière DNA Reflets 4 mars 2006.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Eduardo DE FILIPPO auteur
marie VAYSSIèRE Metteur en scène
Texte : De Filippo en vayssière.L'art de la comédie, c'est l'histoire d'une rencontre et d'une confrontation. Rencontre entre la metteur en scène Marie Vayssière et Edouardo De Filippo, le plus grand dramaturge transalpin du XXem siècle.
Confrontation entre les intérêts du pouvoir politique et les aspirations de toue une société, artistes y compris. Pour la comédienne et fondatrice de la compagnie du Singulier ; De Filippo a été
« un témoin éveillé du XXèm siècle »,
un auteur classique et un véritable inventeur, un aventurier du théâtre ». Voilà ce qui l'intéresse chez ce
« Napolitain, citoyen du monde » dont l'écriture, bien qu'issue de la tradition du théâtre napolitain, atteint une dimension universelle.
« Se saisir d'une de ses œuvres, c'est se poser la question des formes contemporaines dans leurs rapports à la tradition. Son œuvre, si liée à sa culture, s'interroge continuellement sur l'évolution du monde », souligne-t-elle. Et de poursuivre :
« Tout son théâtre, où règnent en maîtres l'ironie et le rire, est une réflexion sur la société et sur la fonction de l'artiste et du théâtre dans la cité. »Dans
L'art de la comédie créée il y a quarante ans, il imagine l'entre vue entre le directeur d'une troupe de théâtre et un préfet nouvellement nommé en province. La pièce s'amorce avec
« une conversation extrêmement bien ficelée » qui évoque sans compromis ni concession l'art du théâtre et ses rapports difficiles avec le politique. La seconde partie est une sorte de « comédie du malheur » où le préfet –devenu méfiant et soupçonneux quand à la réalité qu'il croit truquée par le directeur de la troupe- finira par devenir fou. C'est dans un bureau fin XIXèm siècle et sur un plan mobile sur lequel des traces de vieil or traînent encore que Marie Vayssière nous invite à assister à la valse des vrais et des faux morts, des faux et des vrais comédiens, jusqu'au vertige et à la démesure.
Une danse aux traits de farce tragique dont l'acuité demeure entière en ces
« temps où s'impose une vision aussi mercantile que sacralisée de l'art en général, du théâtre en particulier ». N'est-ce pas Monsieur Berlusconi ?
Franck Buchy.
Source Externe : DNA Reflets 4 mars 2006.
Inséré le : 07/04/2006 00:00