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Crise de nerfs aux Bernardines La Provence 18 mars 2006.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Eduardo DE FILIPPO auteur
marie VAYSSIèRE Metteur en scène
Texte : Crise de nerfs aux Bernardines.Avec « L'art de la comédie » d'Eduardo De Filippo, dans une mise en scène de Marie Vayssière, confirmation que l'on peut rire de tout. Sauf avec un préfet.Grand et raide comme un bambou, le chef de cabinet du préfet (Erik Gerken) s'active. On est dans une préfecture pas terrible, on imagine une ville moyenne, engluée dans une ruralité sans charme. La préfecture est à cette image : dorures fatiguées et personnel approximatif... C'est là que débarque un homme neuf aux manettes de la représentation de l'Etat. Le nouveau préfet (Miloud Khétib) souhaite, pour s'immerger dans cette petite société, en rencontrer les notables. On est au début de l'histoire de
L'Art de la comédie imaginée par Eduardo De Filippo en 1964, que Marie Vayssière met en scène avec autant de rythme que de finesse. Se jouant d'une difficulté majeure : entraîner le personnage du préfet dans une tornade de doutes, jusqu'à une crise de nerfs et peut-être la folie (avec de très jolies scènes de perte de contrôle de la part de Miloud Khétib) sans laisser le public en rade. Avec un dispositif scénique ultra léger et quelques apparitions absolument singulières, Marie Vayssière nous fait douter de l'identité réelle de ceux qui poussent la porte du bureau du préfet. Et qui la forcent même comme le fait le tout premier, celui par qui la formidable confusion arrive : le directeur d'une troupe de théâtre. S'il ne figurait pas sur la liste prioritaire, avec habileté et obstination, il parvient à être reçu. Cet acteur, curieux mélange d'humilité gauche et de détermination, incarné par l'excellent Pit Goedert, entame avec le préfet une discussion qui touche aux questions essentielles sur le théâtre : Y a-t-il une crise ou juste des problèmes concrets à régler ? N'est-il fait que pour divertir ? Incompréhension totale, langue de bois cognant sur la réalité, cafouillage entre la demande et la réponse... Une mécanique parfaite. Résultat, quand Pit Goedert (dont il faut observer la façon qu'il a de s'asseoir tout en ne s'asseyant pas vraiment dans le bureau du préfet), sorti
manu militari, menace d'envoyer "ses" acteurs remplacer les notables, on sait que l'équilibre du préfet est définitivement dynamité : il doute de tout et même de la mort. Et nous avec lui. L'instit hystérique (Agnès Régolo), le curé énervé, le médecin déprimé (Christian Esnay) et le pharmacien suicidaire (Philippe Gorge) ne feront rien pour l'aider.
Olga Bibiloni.
Source Externe : La Provence 18 mars 2006.
Inséré le : 07/04/2006 00:00