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Identités troubles L'Alsace 8 mars 2006.


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Eduardo DE FILIPPO auteur
marie VAYSSIèRE Metteur en scène

Texte : Identités troubles.

Pendant trois jours, la Compagnie du singulier fait une halte à la manufacture de Colmar pour présenter « L'art de la comédie, pièce d'Eduardo De Filippo.


« Le théâtre est fait pour tromper la mort» avait coutume de dire Eduardo De Filippo, auteur de la pièce qui sera jouée dès ce soir à la Manufacture. Un auteur pour lequel Marie Vayssière voue une belle admiration depuis très longtemps. «Je ne m'étais pas rendu compte que je parlais de lui en l'appelant par son prénom. Il provoque ça, une forme de complicité. En Italie, où il était très populaire, c'est d'ailleurs comme cela que tout le monde le connaît !»
Marie Vayssière se confronte à l'œuvre de l'auteur italien pour la deuxième fois seulement : « J'ai beaucoup lu, mais je n'ai mis en scène que deux de ses pièces ». Avec un peu de recul elle reconnaît déjà les bienfaits procurés par ce travail : « Il m'a apporté une envie de ne pas avoir peur dans la pratique du métier. Ça ne semble sans doute pas énorme, mais c'est beaucoup. Il donne des forces. »
Marie Vayssière, metteur en scène et comédienne de formation, a elle-même adapté la pièce initiale. « Lui, avait écrit ce texte pour sa troupe. Il y avait plein de petits rôles. Pour l'adaptation, les petits rôles se sont fondus dans des rôles plus importants» explique la metteur en scène. Texte plus resserré, personnages moins nombreux, mais respect du fond de l'oeuvre. « J'aime les textes où le rire est présent J'ai toujours eu envie de textes où le comique est allié au tragique».
Ce qui est le cas dans cette pièce de 1964. « Eduardo De Filippo se nourrit de choses populaires, iconoclastes, qui font rire, mais pas seulement. Au départ, cette pièce est une farce qui tourne au tragique, voire à la folie» exprime Marie Vayssière. Elle y voit une réflexion sur le rapport de l'art au pouvoir, le rapport de la vie à la mort, de la réalité à la fiction. Et toujours la mort en fil directeur. « Si on comprenait à quel point on n'est que de passage, il vaudrait mieux en rire» s'amuse la metteur en scène. C'est un des messages qu'elle tire de « L'art de la comédie », avec une interrogation sur la place de chacun dans ce monde. La pièce évoque, au départ, les relations entre un préfet et un metteur en scène, autour desquels se greffent des personnages dont personne ne sait s'ils jouent leur rôle ou leur vraie vie. « On joue sur l'imaginaire du préfet et des spectateurs. On brouille les pistes. Tout le monde joue, c'est comme un vertige» ajoute encore Marie Vayssière.





Source Externe : L'Alsace 8 mars 2006.


Inséré le : 07/04/2006 00:00