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L'art du vrai dernières nouvelles d'Alsave 10 mars 2006.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Eduardo DE FILIPPO auteur
marie VAYSSIèRE Metteur en scène
Texte : L'Art du Vrai.
Critique radicale et tragique du pouvoir et de ses relations avec la société: Marie Vayssière monte Eduardo De Filippo.
L'ironique théâtre d'Eduardo De Filippo s'est confondu l'autre soir à.Colmar avec l'actualité du réel, comme dans
L'art de la comédie qu'il écrit en 1964, adaptée et mise en scène ici par-Marie Vayssière pour sa Compagnie du Singulier : ce soir donc, les intermittents défendaient à
La Manufacture, à même le plateau, leur statut d'intermittence face à un gouvernement et à un patronat réformateurs, en même temps qu'ils incarnaient une critique radicale du pouvoir et de ses relations avec la société, artistes compris, telle qu'elle est décrite jusqu'au vertige par le grand dramaturge italien.
Un préfet fraîchement débarqué dans un chef-lieu de province se perd dans son immense bureau aux dorures fatiguées. Il s'accroche comme à une bouée au directeur d'une troupe de théâtre ambulant, un
«autodidacte et forain» qui lui demande d'assister à la création de sa dernière pièce. Ils finissent par s'accrocher pour de bon les aspirations gratuites ;et généreuses de l'art théâtral ne font pas bon ménage avec la vision mercantile et sacralisée que s'en fait le pouvoir politique.
Le directeur finit par semer le doute dans la tête du préfet, qui croit la réalité truquée.
«L'auteur nous engage à penser la nature même du théâtre ou la présence trouble du comédien se complexifie et s'épuise dans la coexistence des interprétations et où rien, jamais rien n'est résolu», dit Marie Vayssière. C'est ce qu'elle offre là aux spectateurs, dans une valse tragique et drôle. Eduardo De Filippo dépasse la représentation pirandellienne du théâtre dans le théâtre pour nous plonger dans un univers surréaliste, jusqu'à la perdition.
Le mur du bureau oscille sur sa base pour mieux signifier les changements de perspective. Les repères se dérobent, on observe de biais, de travers, comme un miroir déformant. Et si Eduardo De Filippo évoque d'abord le théâtre, c'est pour mieux refléter nos propres doutes et nos irrésolutions passagères.
Franck Buchy.
Source Externe : Dernières nouvelles d'Alsace 10 mars 2006.
Inséré le : 07/04/2006 00:00