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L'usine en gestes de Charmatz . L'Humanité 13 amrs 2006.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Boris CHARMATZ chorégraphe-interprète
Texte : L'usine en gestes de Charmatz Ici, les machines sont reines, reines d'un monde totalitaire.Boris Charmatz présente
Régi. Il a conçu un saisissant dispositif de machines qui règle les évolutions des interprètes. Au commencement, une sorte de grue métallique munie de poulies occupe seule la scène. Cette structure froide, qui évoque un insecte géant, se met à fonctionner. Les deux poulies rembobinent des fils maintenus au sol par des agrafes qui pètent. Telle une canne à pêche géante, elle remonte, pendue à un genre d'hameçon, un corps de jeune femme (Julia Cima), hissé tête en bas jusqu'au mât de métal. Un autre suit (Charmatz lui-même), tiré par la cheville jusqu'en haut. Cela crée un univers de machine totalitaire qui traite les corps comme denrées jetables. Un tapis roulant en fond de scène se met en marche. Julia Cima, bientôt décrochée, y tombe inerte. Dans cet univers déshumanisé apparaît l'étrange figure de Raimund Hoghe, dont on sait qu'il est bossu. Charmatz et lui ne reculent devant aucune prise de risque. Après
Sacre, the Rite of Spring (2004), où Hoghe offrait son corps en sacrifice, puis
Swan Lake, 4 acts, le voici devenu l'un des éléments d'un spectacle dont il n'est pas l'auteur. Il est entre de bonnes mains.
Tandis que Julia Cima ne cesse de chuter sur son tapis roulant, Charmatz et Hoghe se dévêtent ensemble avec infiniment de tact. Ils se reniflent, se touchent avec les pieds, s'apprivoisent. Puis le personnage interprété par Hoghe est censé se mettre en colère contre un Charmatz en posture de fils puni, avant de se muer en Napoléon aux petits pieds qui ne peut se résoudre à quitter la scène. On demeure perplexe, dès lors que Charmatz se met à privilégier une théorie relativement obscure en sacrifiant quelque peu une pratique machinique du mouvement résolument insolite.
M. S.
Source Externe : L'Humanité 13 mars 2006.
Inséré le : 14/03/2006 00:00