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Mierda. Axelibre 14 mars 2006.


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

COPI auteur
Marcial Di Fonzo Bo Metteur en scène

Texte : Mierda !

Les baudruches ne sont toujours plus que grosses pour faire éclater la mascarade que Copi dresse de la tyrannie et de la ferveur démagogique autour d'une nouvelle icône Eva Perón, dite Evita, nouvelle St Vierge des pauvres et des ouvriers. La pièce commence par les caprices de la femme adulée qui a succombé à toutes les dérives du pouvoir, du sexe et de l'argent. Nous assistons à l'agonie de la Madone argentine, qui roule dans la farine le cercle des intimes et son homme dictateur " impotente ". Cette farce tragique donne des atours au travestissement et au jeu devant la fosse sanglante des spectateurs. Les coups et la crudité fusent dans ce mélange de plaisir et de truculence désastreuse d'un huis clos. Evita se meurt d'un cancer en phase terminale, elle se trouve retranchée dans le palais présidentiel et on devine le peuple massé, radio à la main, pour boire les derniers bulletins de santé. Une supercherie se trame, digne d'un Arturo Ui de Brecht qui n'aura pas lieu. Mère Ubu serait plus maligne et retors que son célèbre mari.


L'univers de l'acteur et metteur en scène di Fonzo Bo nous est connu dans les trépidations voraces et exultés des mots et des phrases sardoniques qu'il éructe et mouline dans la tempête toujours maîtrisée des émotions. Les acteurs et autres personnages forment cette suite jamais aussi naïve qu'ils tournoient d'Evita. Ils se caractérisent par une certaine retenue explosive. Les rideaux et les transparences servent intelligemment l'efficacité d'une exécution nette. Le jeu d'Evita n'est pas tant minaudé qu'effrité dans des renversements typés d'un personnage qui porte à bout de bras la mécanique grotesque. On pourrait se demander si di Fonzo Bo ne joue pas di Fonzo Bo en jouant Eva Perón pour notre plus grand plaisir. La mise en scène allie toutes les facettes d'une danse joyeusement macabre. Ce spectacle a tout pour plaire.
Dimitri Jageneau


Source Externe : Axelibre 14 mars 2006.


Inséré le : 14/03/2006 00:00