Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Automne et Hiver... au spectacle. Le Littéraire .com 9 mars 2006.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Mélanie LERAY Metteur en scène
Pierre Maillet Metteur en scène
Lars NORÉN auteur
Texte : Automne et Hiver ... Au spectacle.La famille est là, installée autour d'une table, un espace Ikéa - skaï et inox, surfaces géométriques et lisses : aseptisé.
Le spectateur pénètre autour d'elle alors qu'elle est déjà en conversation, avec le ton, la hauteur de voix mêmes de la conversation, imperceptible donc, mais identifiable aux échanges vivants des personnages -gestes foufous de la mère, éloignement vague du père, hauteur précieuse de Ewa, fragilité sensible et souriante de Ann.
Les premiers propos échangés, quasi inaudibles avec l'entrée du public, vont être rejoués aussitôt le silence venu dans la salle, plaçant clairement et de manière frappante la pièce sous le signe de la circularité mécanique de la quotidienneté, de ces scènes de famille où chacun des personnages trouve son rôle tout tracé sans pouvoir en échapper nullement.
Le jeu se lance donc, sous le programme d'une fragilité naturaliste servie par le jeu juste et fin de chacun des acteurs asseyant de manière vivante l'épaisseur psychologique de leur personnage.
La machine en branle, la scène, en temps réel et au rythme sauvage parfois, pourra installer un parti pris de verisme cru : les mets et les mots circulent ; les conversations se répartiront en couples et pourront être simultanées, n'hésitant pas à brouiller judicieusement l'échange touffu et sourd de cette famille ordinaire Afin de cerner davantage le tremblement de cette surface lisse de chacun, surface masque fragile, une caméra circule parfois dans les mains de quelques-uns.
Chacun ici vit et souffre selon son propre principe, plein de solitude dans le jeu, de cruauté lorsqu'il faut de tendresse difficile et sans issue lorsqu'il convient, avançant en douleur vers la consommation du drame qu'une triste chanson de Léo Ferré clouera dans toute sa valeur cataclysmique et pourtant sans issue. De cette catastrophe de la famille, on n'échappe pas.
Par une porosité forte de cette scène émotionnelle qui vit et respire près du spectateur, ce drame familial lui devient intime, et c'est avec force que l'on ressent chacune des explosions brèves et croissantes de ces personnages en conversation au bord du néant et de l'extinction.
Samuel Vigier.
Source Externe : Le Littéraire .com 9 mars 2006
Inséré le : 09/03/2006 00:00