Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!

Presque célèbre, tout ce qu'il faut savoir de Jean-Luc Verna. ELLE 20 février 2006.


Source : Théâtre de la Bastille (http://www.theatre-bastille.com)

Apparence :

Gisèle VIENNE chorégraphe-interprète

Texte : Presque célèbre, tout ce qu'il faut savoir de Jean-Luc Verna.


Vidéaste, danseur et peintre, cet artiste multifacettes est la nouvelle coqueluche de la scène arty, de Paris à New York. Portrait.


Pour lui, le « New York Times » va jusqu'à demander la création d'un nouvel oscar ! Jean-Luc Verna est un artiste protéiforme aux expressions multiples. Dessin, photo, vidéo, danse ou chant sont pour lui autant de moyens de mettre en scènele corps dans sa vision dramatique, maquillé, exagéré, blessé, tatoué, mais toujours sincère. Principal protagoniste d'une vie décadente aux accents charbon, Verna passe de l'ombre à la lumière pour nous raconter son histoire, sans fard.

Né à Nice, il vit son enfance dans le dédain d'une mère et l'oubli d'un père mais sauvé par l'amour de sa grand-mère, Cécilia Lupovici. « Sa petite reine de Roumanie », comme il aime à l'évoquer. Ne désavouant pas au passage cette empreinte génétique qui le rapproche un peu plus du romantisme noir de Dracula. Il perçoit d'ailleurs la tragédie comme le canevas de la vie et ne cesse de chercher ses diverses interprétations artistiques. A 12 ans, il « s'incruste » dans des cours de danse classique et sculpte son corps aux exigences du pas de deux. A 15, il découvre la star de la new wave Siouxsie & the Banshees. C'est la révélation ! Elle incarne pour lui l'archétype de la tragédie antique. Il tatoue son visage sur sa cuisse. Muse devant l'Eternel, elle est la première icône qui accède au panthéon de sa chair. Suivront Iggy Pop et bientôt Nico. Autodidacte, il s'instruit auprès de Bataille, Koltès et Pasolini, et apprend, comme Ernesto dans « La Pluie d'été », de Marguerite Duras, à mettre en pièces toutes les certitudes avec gaieté et violence. Ces histoires d'amour dramatiques nourrissent encore ce destin sombre au cœur trop souvent abîmé. En 1987, il décide de devenir artiste. « Comment faire autrement avec la tête que j'ai ? » interroge-t-il. Il rentre à la Villa Arson, l'école d'art de Nice, le temps d'un diplôme, pour y devenir professeur de dessin quelques années plus tard.

Son esthétisme est là, qui confronte les genres. Sulfureux mélange entre respect de l'académisme et punk attitude. Plutôt qu'inventer, Jean-Luc Verna raconte. A la maîtrise du dessin font écho la gestion du corps et sa mise en abyme. Images fixes d'abord, puis première collaboration avec l'artiste vidéaste Brice Dellsperger, qui, dans son film « Body Double X », lui offre tous les rôles de sa troublante version de « L'important c'est d'aimer », d'Andrzej Zulawski. A New York, pour cette performance schizophrène, la consécration est immédiate et lui vaut les honneurs du « New York Times ». Dès lors, Jean-Luc Verna n'arrête plus... Expositions à la galerie Air de Paris, enregistrement d'un premier album avec les Dum Dum Boys. Son hypercréativité s'alimente du désir des autres et des fantasmes qu'il suscite. Jusqu'à cette dernière rencontre avec la jeune chorégraphe Gisèle Vienne, qui l'entraîne dans une représentation de danse mettant en scène « I Apologize », texte sulfureux de l'auteur américain Denis Cooper. Ce spectacle, présenté l'année dernière au Festival d'Avignon, vient d'être repris à Paris au Théâtre de la Bastille. Il présente par ailleurs ses sublimes dessins sur le voyage intérieur à l'Espace Electra, jusqu'en mars. Bref, difficile d'échapper à cette personnalité solaire à l'âme d'oiseau de nuit !

Valéry-Rose Pfeifer.




Source Externe : ELLE 20 Février 2006.


Inséré le : 06/03/2006 00:00