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Flamboyante anomalie. Télérama 1er mars 2006.
Source : Théâtre de la Bastille (
http://www.theatre-bastille.com)
Apparence :
Benoît LACHAMBRE chorégraphe-interprète
Texte : Flamboyante anomalie.Benoît Lachambre au quartz de Brest.On l'a connu dans toutes les situations spectaculaires ou presque : junkie menotte à sa télé dans son autoportrait
Délire défait, homme-loup galopant nu sur une pelouse en plastique pour
Forgeries, love and other matters, ou encore en paréo et crinière jusqu'aux fesses dans
Comme le chat assis sur le bord d'un océan de lait, espérant le laper entièrement. A chaque fois, la fascination, combinaison d'émerveillement et de perplexité (s'agit-il bien du même homme ?), opère.
Le danseur et chorégraphe Benoît Lachambre est une flamboyante anomalie. Depuis sa première apparition à la Ménagerie de verre à Pans, en 1999, ce Québécois au regard bleu glacier, quadra transformiste dont la panoplie favorite reste quand même celle du cow-boy en chemise à carreaux, n'a cessé de déplacer les limites de ce que peut faire un corps sur scène.
« Je cherche d'abord à trouver mon être primaire au sens strict, à me débarrasser de tout élément superficiel et décoratif, glisse le danseur et chorégraphe, dont l'accent à couper au couteau s'atténue peu à peu.
Je crois à l'intelligence intuitive du corps, que je tente de rendre toujours plus malléable. Au point parfois de ressembler à une gomme molle qui s'étale sur le sol, presque aussi liquide qu'une flaque. Au point aussi de dégager une animalité puissante d'une si franche liberté qu'elle fouette l'imagination. Particulièrement porté sur les émotions extrêmes, Benoît Lachambre a beaucoup vécu. Passé par la danse jazz et la comédie musicale, puis par la performance à New York au début des années 80, cet aventurier jusqu'au-boutiste ne cesse de remettre en question ses acquis physiques. Un accident - son vélo passe sous un camion à Amsterdam en 1991 - l'oblige à un nouvel apprentissage.
« Je suis de plus en plus doux avec moi-même, plus à l'écoute, reconnaît-il. J'avais tendance à prendre trop de risques. Maintenant, c'est l'harmonie qui m'obsède. » Sa nouvelle pièce,
Lugares comunes (Lieux communs). - créée dans le cadre du festival Antipodes de Brest, dont il est artiste en résidence, met en scène une communauté de danseurs soudés par la rêverie. De la sensualité individuelle à l'éros collectif, Benoît Lachambre sait comment faire parler les corps.
Rosita Boisseau
Source Externe : Télérama 1er mars 2006.
Inséré le : 02/03/2006 00:00