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Memories from the Missing Room


10 SEPT > 07 OCT
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musique

Un spectacle léger et profond, entêtant comme un refrain pop

D’un côté, un groupe de pop rock aérien, Moriarty. De l’autre, un scénographe devenu metteur en scène, Marc Lainé. Du troisième, un auteur de bande dessinée passé « dessinateur de scène », Philippe Dupuy. L’alliance des trois donne un spectacle imprégné d’Amérique, qui regarde du côté de Edward Hopper et des films noirs pour inviter à une exploration onirique de treize scènes de genre, comme autant de chansons de l’album du groupe, The Missing Room. Deux hommes et une femme s’y affrontent en anglais, jouent et déjouent les stéréotypes attachés au genre. Avec cette pièce, Marc Lainé clôt ainsi en musique son quadryptique autour de la culture populaire américaine, à la fois hommage et réflexion, autour de sa puissance et de son mythe. Un spectacle léger et profond, entêtant comme un refrain pop.

Laure Dautzenberg

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Memories from the Missing Room [intégral]

Léger, aérien, onirique : voilà Memories from the Missing Room, avec Moriarty à la musique live, Philippe Dupuy au dessin et Marc Lainé pour orchestrer l'ensemble.
Avec cette pièce imprégnée d'Amérique (les textes comme les chansons sont en anglais), Marc Lainé clôt en musique son quadryptique inspiré par la culture populaire américaine, à la fois hommage et réflexion autour de sa puissance et de son mythe.
Après avoir approché le cinéma à travers la figure de Norman Bates, le héros criminel de Psychose d'Alfred Hitchcock, il s'est emparé de l'univers sportif et médiatique en se penchant sur la destinée de deux championnes rivales de patinage artistique, puis aux super-héros des comics, mettant toujours le théâtre au défi de rivaliser avec le monde des images par ses propres moyens artisanaux, dérisoires et magiques. Manquait cependant le volet musical, le plus important pour Marc Lainé, qui, comme beaucoup, a grandi dans la culture pop-rock et travaille toujours en musique.
Il a d'abord cherché du côté de Phil Spector et d'Elvis Presley, avant de se tourner vers Moriarty (dont le nom est une référence au héros de Sur la route de Kerouac) qui avait déjà composé une musique pour un de ses spectacles en 2008. Au moment de l'enregistrement, le groupe se demandait quel récit se cachait dans leur album The Missing Room, et Marc Lainé a eu envie d'apporter sa propre réponse.
Très vite est alors née l'idée d'une pièce qui révélerait l'humour, la noirceur et la morbidité de l'album, l'enjeu secret des chansons. Marc Lainé joue avec les stéréotypes des films noirs auxquels se réfère Moriarty et avec l'imaginaire attaché aux tournées : chambre d'hôtel, moquette rouge, vie suspendue. Dans cet espace, trois personnages (un homme, une femme, un homme plus vieux) se quittent et se retrouvent, se déchirent et se perdent, meurent et ressuscitent, vivent de multiples vies, au gré des chansons et des chapitres. Autant de métaphores d'histoires d'amour singulières, à moins qu'il ne s'agisse des métamorphoses d'une seule et même intrigue vers laquelle tout finit par converger…
Ainsi Memories from the Missing Room commence comme le plus classique des théâtres, avec des portes qui s'ouvrent et se ferment et des acteurs qui entrent et sortent, mais dérive rapidement vers une structure labyrinthique, kaléidoscopique, comme un puzzle que chacun pourrait reconstituer à sa guise. Le récit se construit ainsi par fragments, au gré des chansons interprétées live par Moriarty. Ceux-ci apparaissent et disparaissent sur un plateau tournant tel un manège et égrènent le spectacle de leur folk délicat et aérien tandis que le dessinateur de BD Philippe Dupuy (qui a déjà participé à des « concerts dessinés », notamment avec Dominique A et Rodolphe Burger) projette les images mentales inspirées par l'univers sonore et plastique.
Il en résulte un spectacle envoûtant et léger, limpide et mélancolique, rêveur et mystérieux comme la piste vierge laissée au milieu du disque ou une peinture d'Edward Hopper. Marc Lainé poursuit ainsi sa construction d'univers fantasmatiques entêtants, une « boutique obscure » (c'est le nom de sa compagnie) à la Perec, qui résonne en chacun de façon étrangement familière, comme un défi au réel.

Réalisation +
Ecriture et mise en scène : Marc Lainé
Dessin : Philippe Dupuy
Musique et interprétation sur scène : Moriarty

Avec : Moriarty et Philippe Dupuy, Geoffrey Carey, Priscilla Bescond,
Philippe Smith
Lumière : Kelig Lebars
Son : Morgan Conan
Vidéo : Baptiste Klein
Collaboration artistique : Tünde Deak.
Avec l'aide à la diffusion : d'Arcadi
En partenariat avec : Arte et France Inter et Télérama

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