théâtre

de la bastille

Théâtre de la Bastille

th1
danse

Deux chorégraphes s'invitent à voyager dans la mémoire de l'autre.

Après plusieurs pièces collectives, Thomas Hauert a eu envie de revenir à des formes plus petites, et surtout de se confronter à d'autres. C'est ainsi qu'il a accepté l'invitation quel lui a faite Àngels Margarit d'entrer dans sa danse. Il en résulte le duo From B to B : de Bruxelles (où réside Thomas Hauert) à Barcelone (où habite Àngels Margarit). Nés en 1967 et en 1960, les deux danseurs chorégraphes ont accumulé des expériences, des sensations, parcouru différents chemins et c'est forts de tout ce passé, leurs corps chargés de réminiscences, qu'ils s'invitent à voyager dans la mémoire de l'autre. Une posture extrême, avec laquelle ils composent. Comme le souligne Thomas Hauert : « Devenir l'autre ce serait radical et démesuré, mais ce qui est visé c'est de comprendre son univers, sa façon de fonctionner, de bouger, de marcher ».

Laure Dautzenberg

fermer From B to B
Article

From B to B [intégral]

Thomas Hauert est suisse et vit à Bruxelles. Àngels Margarit est espagnole et vit à Barcelone. Le premier a enchaîné depuis une dizaine d'années une multitude de pièces aux côtés de nombreux interprètes, les deux dernières présentant chacune une importante équipe de danseurs. La seconde, après avoir connu les scènes internationales et participé au mouvement de la danse minimaliste des années 80, s'est installée en Espagne, désireuse de se recentrer.

Il y a quelques années, ils se sont rencontrés lors d'un festival et ont découvert qu'ils partageaient beaucoup de préoccupations communes. « Tous les deux, avec notre parcours, nous avons confiance dans le corps, dans l'intuition, dans l'inconscient. Cela a beaucoup à voir avec la mémoire et les expériences antérieures qui nous ont conditionnés et enrichis. Ça conditionne évidemment ce qu'on danse. Et ça pose la question de comment on communique, comment on partage cette richesse de notre passé », raconte Thomas Hauert. D'où l'idée d'un duo, d'une rencontre, d'un face à face qui les engage à égalité. Comme le dit Àngels Margarit : « Avec From B to B, On essaye d'arriver à destination, et cette destination est l'endroit de l'autre. Nous tentons d'habiter de nouveau dans un espace que l'autre connait déjà, pour arriver à ce qu'il était avant. »

Dans cette pièce, ils essaient donc de se « mettre dans la peau de l'autre ». Une posture extrême, avec laquelle ils composent. Comme le souligne Thomas Hauert : « Devenir l'autre ce serait radical et démesuré, mais ce qui est visé c'est de comprendre son univers, sa façon de fonctionner, de bouger, de marcher. Je viens de lire un livre sur les mémoires miroirs. Être dans la peau de l'autre est une base pour la compassion.»

Ils se lancent ainsi dans un voyage dans la mémoire de l'autre : que peut-on partager, se réapproprier, revisiter ? Que se passe-t-il quand on repasse dans les pas, dans les figures de l'autre tel qu'il les énonce aujourd'hui ? Rarement le même mouvement, plus sûrement un esprit, une recherche, quelque chose à sans cesse remettre en jeu. Car la quête du même, de l'identique, est évidemment vaine : « On essaie d'habiter la mémoire de l'autre, ou au moins quelques endroits de cette mémoire. Mais le même endroit n'est jamais le même pour l'autre, ni pour personne. Chacun est isolé dans sa personnalité, son passé, son corps. », précise Thomas Hauert. Sans compter la déperdition liée à la communication, au langage. Àngels Margarit le souligne : « Parfois on parle de choses pas évidentes à traduire. Il y a de la subjectivité dans la façon de nommer. Et cet effort du mot pour nommer la chose est aussi très intéressant. »

Il y a donc de la perte, du malentendu, de l'écart dans cette remise en jeu. Mais ceux-ci font partie du parcours et de la rencontre et From B to B aurait pu s'appeler Lost in translation. Car ce qui compte, justement, est le jeu de miroirs et d'échanges ainsi créé et dans lequel le spectateur est invité à entrer à son tour.

Laure Dautzenberg

Réalisation +
Création et interprétation Thomas Hauert et Àngels Margarit
LumièreJan Van Gijsel
Musique Joan Saura et autres
Textes doublets and acrostiches doubles Marius Serra
Autres textes Thomas Hauert et Àngels Margarit
Costumes Rosa Codina
Son Marc Ases
Production exécutive Dominique Bernat

Production ZOO/Thomas Hauert, Àngels Margarit/cia Mudances
Coproduction Festival de Barcelone Grec 2011, La Bâtie - Festival de Genève 2011
La compagnie ZOO est soutenue par le Ministère de la Communauté française de Belgique - Service de la Danse, Pro Helvetia - Fondation Suisse pour la Culture, Vlaamse Gemeenschapscommissie, Wallonie-Bruxelles International, Wallonie-Bruxelles Théâtre/Danse
ZOO/Thomas Hauert est en résidence au Kaaitheater (Bruxelles) et à Charleroi Danses (Charleroi)
La compagnie Mudances est soutenue par le Conseil National de la Culture et des Arts de Catalogne (CoNCA), le Ministère de la Culture (Gouvernement espagnol) - INAEM et le Conseil de Barcelone - ICUB

REVUE DE PRESSE

      • 15 sept. 2010

        Danser au pied de la lettre /

      • 28 sept. 2011

        La danse contemporaine dans tous ses états /

      • 4 oct. 2011

        Tourbillon en B majeur /

      • 4 oct. 2011

        Thomas Hauert a invité Àngels Margarit à entrer dans sa danse. /