théâtre

de la bastille

Théâtre de la Bastille

ILLUSIONS PERDUES

Après Iliade et Odyssée d'après Homère présentés au Théâtre de la Bastille en janvier 2018 et Chanson douce de Leïla Slimani à la Comédie-Française en 2019, Illusions perdues de Balzac sera la quatrième œuvre littéraire adaptée au théâtre par Pauline Bayle.

L'adaptation des textes d'Homère révélait l'origine orale du récit, la flamboyance de l'épopée, l'universalité et l'éternité des mythes, mais aussi la variété des parcours initiatiques. Illusions perdues offre, quant à lui, une puissante oralité des dialogues, glisse du sublime au sordide et met à nu les aspérités et les failles de l'âme humaine.

Tout individu a des aspirations multiples qu'il confronte à la réalité de son époque. De ce choc naît une force capable de mettre en marche et de bousculer le monde et les hommes. Dans Illusions perdues, c'est l'ambition, liée à un féroce appétit d'amour, de gloire et d'argent qui jouera ce rôle. L'auteur dévoile les rouages de cette dynamique à travers les intrigues, les luttes et les échecs de chacun des personnages qui trouvent et prouvent leur force en affrontant les aléas souvent cruels des rapports sociaux.

La Restauration et la monarchie de Juillet ont vu la naissance d'une nouvelle bourgeoisie triomphante ayant pour principal souci de faire de l'argent. Lucien de Rubempré en est l'exemple même et, à travers son ascension puis sa déchéance, illustre parfaitement ce que Georg Lukács nommera la « capitalisation de l'esprit », et que Balzac résumait par : « Dis-moi ce que tu as, je te dirai ce que tu penses ».

Dans une théâtralité brute et simple, signature des mises en scène de Pauline Bayle, six acteurs et actrices s'emparent de la trentaine de personnages qui peuplent le roman. Ils ont pour arme la véritable polyphonie de langages qu'invente Balzac pour raconter son siècle, mêlant à l'argot un lexique propre à la ténébreuse psychologie des intrigants, liés chacun à un groupe social bien spécifique. Ainsi soulagés des archétypes de la représentation romantique, les interprètes mettent en lumière l'étonnante manière dont l'action s'amorce et se développe. Dans un espace scénique basculant de deux à quatre dimensions, la vétusté mesquine d'Angoulême – d'où vient Lucien – s'effacera peu à peu pour laisser place aux lumières éblouissantes de l'ogresse capitale qu'est Paris.

« Pour être aimé, ne quittez jamais votre maîtresse sans l'avoir fait pleurer un peu ; pour faire fortune en littérature, blessez toujours tout le monde, même vos amis, faites pleurer les amours propres : tout le monde vous caressera. »
Illusions perdues, Hector Merlin à Lucien de Rubempré.

Christophe Pineau

 

Réalisation +


Spectacle de Pauline Bayle / Compagnie À Tire-d'aile d'après Honoré de Balzac Adaptation et mise en scène Pauline Bayle Assistante à la mise en scène Isabelle Antoine Lumières Pascal Noël Costumes Bernadette Villard

 

Production Compagnie À Tire-d’aile Coproduction Scène nationale d’Albi, MC2 – Scène nationale de Grenoble, Théâtre de la Bastille, Espace 1789 – Scène conventionnée de Saint-Ouen, Tandem – Scène nationale d'Arras-Douai, Scène Nationale de Châteauvallon, La Passerelle – Scène nationale de Gap, Théâtre de Chartres et Domaine d’O (Montpellier), La Coursive Scène nationale La Rochelle Avec l'aide à la création du Ministère de la Culture / DRAC Île-de-France Avec le soutien du CENTQUATRE-PARIS La Compagnie À Tire-d'aile est en résidence à l'Espace 1789 – Scène conventionnée de Saint-Ouen, avec le soutien du Département de la Seine-Saint-Denis